Nemanquez pas l'Ă©pisode Toute vĂ©ritĂ© n'est pas bonne Ă  dire de Candice Renoir. DerniĂšre diffusion le Ă  01h00 sur Jevous en prie, allez raconter toute la vĂ©ritĂ© Ă  Duncan Rubin. Il se terre dans les ruines de son village. Dites-lui de revenir parmi nous, que tout le monde ici souhaite son retour. QuĂȘte en cours---QuĂȘte complĂ©tĂ©e. Je Je n'arrive pas Ă  y croire. Ce Mula Nail est vraiment un ĂȘtre abominable. Mais mĂȘme si vous dites vrai, je ne Originede l’expression « toute vĂ©ritĂ© n’est pas bonne Ă  dire » Expression proverbiale du XV Ăšme siĂšcle qui a pris tout son sens au moment de faire des reproches Ă  plus puissant que soi qui mĂȘme si elles sont bien mĂ©ritĂ©es car il est possible de s’attirer des dĂ©sagrĂ©ments. Ceproverbe reflĂšte une opinion rĂ©pandue. Toutefois cette affirmation selon laquelle toute vĂ©ritĂ© n'est pas bonne Ă  dire que si l'on considĂšre qu'en gĂ©nĂ©ral, il ne faut pas dire la vĂ©ritĂ©. Toute vĂ©ritĂ© n'est pas bonne Ă  dire n'est pas Ă©quivalent Ă  "la vĂ©ritĂ© n'est pas bonne Ă  dire". C'est parce que l'on rajoute le "toute" que LĂ©motivitĂ© alimentĂ©e par leur adversaire fut amplement suffisante pour discrĂ©diter le premier ministre Parizeau. De lui-mĂȘme, il venait de tomber dans le panneau de «La vĂ©ritĂ© qui n’est pas toujours bonne Ă  dire». Ce fut une grave erreur qui n’est pas encore liquidĂ©e aujourd’hui en 2018. Ce n’était ni le moment, ni Ă  lui ToutevĂ©ritĂ© est bonne Ă  dire. Il y a longtemps que ça ne m'Ă©tait pas arrivĂ© l'envie de rĂąler Vite torchĂ© ce sera peut-ĂȘtre plus clair. Lire cette oeuvre; Table des matiĂšres. Toute vĂ©ritĂ© est bonne Ă  dire Env. 1 page / 194 mots; Lire plus tard. Poster votre avis; SuggĂ©rer des corrections; Alerter un modĂ©rateur; Ajouter Ă  vos oeuvres favorites; Rejoignez nos plus de 80 5hqi. 1 La possibilitĂ© du mensonge est donnĂ©e avec la conscience mĂȘme, dont elle mesure ensemble la grandeur et la bassesse [1]. » Cette remarque liminaire de Vladimir JankĂ©lĂ©vitch situe d’emblĂ©e la paradoxologie inhĂ©rente au mensonge. Celui-ci n’a de consistance que parce que son sujet est un ĂȘtre capable de vĂ©ritĂ© et de libertĂ© ; il est un signe en creux de la libertĂ© d’une conscience humaine – ou mal-angĂ©lique – adulte. Dans La MĂ©taphysique des mƓurs, Kant fait cette observation Il est remarquable que la Bible date le premier crime par lequel le mal est entrĂ© dans le monde, non du fratricide de CaĂŻn, mais du premier mensonge parce que la nature mĂȘme s’élĂšve contre ce crime et qu’elle dĂ©signe le menteur du dĂ©but et le pĂšre des mensonges comme l’auteur de tout mal [2]. » L’interdit divin de porter un faux tĂ©moignage a Ă©tĂ© entendu et Ă©tendu par un important courant de la Tradition comme une prohibition stricte de tout mensonge, comme une exigence de droiture et de justice personnelles. Ne pas mentir n’est en effet qu’une expression indirecte d’un devoir du locuteur. Ce qu’on attend de lui, au fond, n’est pas tant de dire ou de ne pas dire, ceci ou cela, mais d’ĂȘtre vrai. Ne pas mentir est une condition de possibilitĂ© de cet ĂȘtre vrai », mais, inversement, l’homme n’est capable d’ĂȘtre vrai que parce qu’il est capable de mentir, ou plus exactement de connaĂźtre s’il dit vrai ou non. Quoi qu’il en soit de l’exactitude de ce que dit un perroquet, il ne saurait ainsi pas plus mentir que dire la vĂ©ritĂ©, par dĂ©faut de connaissance et d’intention. Il apparaĂźt ainsi, en premiĂšre approche, que le mensonge contient Ă  la fois une faussetĂ© matĂ©rielle et objective – un Ă©noncĂ© inexact – et une faussetĂ© formelle et subjective – l’intention de tromper. Il consisterait Ă  dire quelque chose de faux alors qu’on le sait tel. 2Les choses ne sont pourtant pas si simples. Ne ment en effet que celui qui manque Ă  une vĂ©ritĂ© qu’il connaĂźt, sinon il y a erreur et non pas mensonge. Celui qui dit le faux en le croyant vrai ne ment donc pas. Celui qui dit le vrai en le croyant faux ment-il ? Il le semble bien. En disant quelque chose de vrai, il ne dit pas la vĂ©ritĂ©, il n’est du moins pas vrai, alors mĂȘme que sa parole ne manque pas d’exactitude. Allons encore plus loin dire le vrai qu’on sait ĂȘtre tel n’est-il pas le cas apparemment le plus simple et le plus moral de coĂŻncidence entre vĂ©ritĂ© du locuteur et vĂ©ritĂ© de la locution ? Pourtant, est-ce si simple et si moral, si, moi, bien portant, je te dis, Ă  toi, malade, que tu vas mourir dans quelques jours ou quelques semaines ? Toute vĂ©ritĂ© n’est pas bonne Ă  dire, proclame le bon sens populaire. Il vaudrait donc mieux parfois pouvoir se taire. Oui, mais ce n’est pas possible quand le silence a dĂ©jĂ  le sens d’une rĂ©ponse. Docteur, je ne vais pas mourir, n’est-ce pas ? » Docteur, pensez-vous qu’il gardera des sĂ©quelles ? » HĂ©bergez-vous un immigrĂ© clandestin ? » Autant de questions, auxquelles une rĂ©ponse exacte peut ĂȘtre inopportune et le mutisme d’une Ă©loquence complice. Dire la vĂ©ritĂ© peut faire mal et peut faire du mal. On peut mĂȘme l’utiliser pour cela. JankĂ©lĂ©vitch range cette manipulation de la vĂ©ritĂ© dans la catĂ©gorie de la sincĂ©ritĂ© diabolique » [3]. Si la vĂ©ritĂ© peut bien se montrer mensongĂšre, inversement le mensonge ne dit-il pas, au rebours de son intention mĂȘme, indirectement, sinon le vrai, du moins du vrai, contrefait certes, mais tout de mĂȘme en cela partitif ? On ment bien avec la bouche », dit Nietzsche, mais avec le museau qu’on fait on dit la vĂ©ritĂ© quand mĂȘme » c’est la vĂ©ritĂ© du mensonge, Ă©crit JankĂ©lĂ©vitch, aussi inĂ©luctable que l’authenticitĂ© de l’illusion, l’intelligibilitĂ© de l’absurde ou l’ordre du dĂ©sordre, la vĂ©ritĂ© obligatoire sans cesse rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e par-dessous les ruses qui l’altĂšrent [4]. » Car le mensonge, non moins que la vĂ©ritĂ©, suppose une relation, qu’il pervertit mais qu’il signe aussi, renvoyant trompeur et trompĂ© Ă  une commune responsabilitĂ©. La question morale de la vĂ©ritĂ© et du mensonge requiert ainsi, comme l’a bien vu JankĂ©lĂ©vitch, la prise en compte de trois variables l’intention, la rĂ©alitĂ© objective et le rapport entre conviction et parole. Peut-ĂȘtre dĂ©couvrirons-nous, chemin faisant, que d’autres sont encore nĂ©cessaires. 3Le mensonge est-il immoral ? est-il Ă©vitable ? Notre rĂ©flexion partira de la thĂšse de la prohibition stricte ; celle-ci sera ensuite soumise Ă  une double critique, externe et interne ; enfin, la critique de la critique s’efforcera de faire droit aux divers Ă©clairages fournis et de les placer en perspective mensonge interditSaint Augustin et le martyre pour la vĂ©ritĂ©4La rĂ©flexion sur le mensonge doit beaucoup Ă  saint Augustin, qui lui consacre deux de ses ouvrages [5]. Sa position est connue pour reprĂ©senter la ligne sĂ©vĂšre excluant quelque lĂ©gitimitĂ© morale que ce soit Ă  tout mensonge. Il se situe, pour ainsi dire, dans une perspective anti-proportionnaliste, excluant, pour des actes qui sont par eux-mĂȘmes des pĂ©chĂ©s, que la fin puisse justifier les moyens. Si mentir c’est avoir une pensĂ©e dans l’esprit et, par paroles ou tout autre moyen d’expression, en Ă©noncer une autre [6] », le mensonge est immoral en raison de l’intention de tromper qui lui est inhĂ©rente. Augustin Ă©carte les arguments classiques, puisĂ©s Ă  l’Écriture, qui ouvriraient la possibilitĂ© d’objections Sara riant et niant l’avoir fait Gn 18, 15, Jacob affirmant Ă  son pĂšre qu’il est EsaĂŒ Gn 17, 19, les sages-femmes qui sauvent, par leur mensonge, les premiers-nĂ©s des HĂ©breux de la mort avec l’approbation et la rĂ©compense du Seigneur Ex 1, 19 ou encore la simulation de Pierre et de BarnabĂ© Ga 2, 12, ou la circoncision de TimothĂ©e par Paul Ac 16, 3. Tous ces textes doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s le mensonge ne saurait donc se prĂ©valoir de l’autoritĂ© de l’Ancien Testament, soit parce qu’un acte ou une parole figurĂ©e n’est pas une tromperie, soit parce qu’on ne propose pas aux bons d’imiter ce qu’on loue dans les mĂ©chants comme une amĂ©lioration relative. Il ne peut pas davantage se rĂ©clamer du Nouveau Testament, car on y propose Ă  notre imitation la correction plutĂŽt que la dissimulation et les larmes de Pierre plutĂŽt que son reniement [7] ». Saint Augustin aborde alors des objections courantes, telles que le mensonge commis pour sauver la vie de quelqu’un. Prenant au pied de la lettre l’affirmation de l’Écriture la bouche qui ment tue l’ñme » Sg 1, 11, il affirme que la vie de l’ñme, anĂ©antie par le mensonge, doit prĂ©valoir sur la vie du corps le fait que ce soit la vie de mon Ăąme que je prĂ©fĂšre Ă  la vie de son corps n’entre pas pour lui en considĂ©ration il faut prĂ©fĂ©rer notre Ăąme Ă  la vie du prochain non moins qu’à notre propre vie. La logique qui meut saint Augustin veut que le mensonge soit toujours en lui-mĂȘme mauvais, interdit, et incomparable Ă  ce qui est nĂ©faste et ne pourrait ĂȘtre empĂȘchĂ© que moyennant le sacrifice de la vĂ©ritĂ© Un homme vient Ă  nous une corde Ă  la main, nous demandant d’accomplir avec lui un acte infĂąme et nous certifiant que notre refus le dĂ©cidera Ă  se pendre. Faudra-t-il consentir Ă  sa demande pour le sauver, comme ils disent, de la mort ? Ce serait absurde et criminel. Mais alors pourquoi serait-il permis de se corrompre l’ñme par un mensonge pour qu’un autre garde son corps vivant ? [8] » Le deuxiĂšme exemple est rĂ©glĂ© selon le mĂȘme principe. Il s’agit du cas oĂč un mensonge est commis pour sauver une autre personne d’un viol si un libertin vous fait violence sans que vous puissiez vous en dĂ©livrer par la force, la persuasion ou le mensonge, tout le monde conviendra que la passion d’autrui ne peut porter atteinte Ă  votre honneur. C’est pourquoi l’ñme Ă©tant, de l’aveu de tous, supĂ©rieure au corps, il faut Ă  la puretĂ© du corps prĂ©fĂ©rer l’intĂ©gritĂ© de l’ñme, qui, elle, peut ĂȘtre gardĂ©e Ă©ternellement [9] ». Pourtant, objecte encore saint Augustin, le mensonge ne doit-il pas ĂȘtre admis parfois comme un moindre mal, par exemple en acceptant, quoique chrĂ©tien, de sacrifier aux idoles afin d’échapper au dĂ©shonneur infligĂ© par le persĂ©cuteur ? La rĂ©ponse est tranchante il faut confesser la foi quoi qu’il en coĂ»te, et donc refuser mensonge et dissimulation. Il illustre son propos par un exemple hautement suggestif de martyr Il ne veut pas renier le Christ en sacrifiant aux dĂ©mons et voilĂ  qu’en raison de ce refus on va faire mourir sous ses yeux non pas un Ă©tranger, mais son propre pĂšre qui le supplie de ne pas persĂ©vĂ©rer dans son attitude pour l’arracher Ă  la mort. N’est-il pas Ă©vident que s’il persiste dans la confession de sa foi, les seuls homicides seront les bourreaux de son pĂšre et que lui-mĂȘme n’est pas parricide ? De mĂȘme donc qu’il n’est pas complice de ce meurtre, si criminel, en prĂ©fĂ©rant que son pĂšre, fĂ»t-il impie, fĂ»t-il menacĂ© des peines Ă©ternelles, soit mis Ă  mort, plutĂŽt que de violer lui-mĂȘme sa foi par un faux tĂ©moignage, de mĂȘme il Ă©chappera Ă  toute complicitĂ© s’il se refuse Ă  toute mauvaise action, quoi que fassent ses persĂ©cuteurs Ă  la suite de son refus. Que disent, en effet, ces persĂ©cuteurs, sinon Fais du mal pour que nous n’ayons pas Ă  en faire ? 
 Pourquoi serions-nous leurs complices plutĂŽt que de leur laisser le monopole de leur honte et de leur mĂ©chancetĂ© ? [10] »Saint Thomas d’Aquin et la naturalitĂ© du langage5Saint Thomas d’Aquin conjugue cet hĂ©ritage augustinien avec celui de l’aristotĂ©lisme. Il estime que le langage est signe naturel de la pensĂ©e et acquiert une valeur Ă©thique du fait que la raison rattache volontairement le signifiant au signifiĂ© toute reprĂ©sentation exige un rapprochement, Ɠuvre propre de la raison [11] ». Saint Thomas apporte surtout une prĂ©cision nouvelle au sujet de l’intention du menteur l’intention de la volontĂ© dĂ©rĂ©glĂ©e peut se porter Ă  deux choses premiĂšrement, exprimer ce qui est faux, et deuxiĂšmement, comme effet propre de cette Ă©nonciation du faux, tromper quelqu’un ». Ce dĂ©doublement est un apport de la pensĂ©e thomasienne ; il signifie que, mĂȘme si le menteur ment pour tromper, il reste que le mensonge a sa consistance propre, antĂ©rieurement Ă  cet effet le dĂ©sir de tromper appartient Ă  l’effet ultime du mensonge, non Ă  son espĂšce ». Si l’on ajoute la faussetĂ© mĂȘme de l’énoncĂ©, on trouve donc trois Ă©lĂ©ments Si ces trois conditions se trouvent rĂ©unies faussetĂ© de ce qui est dit, volontĂ© d’exprimer cette faussetĂ©, intention de tromper, le rĂ©sultat est triple aussi faussetĂ© matĂ©rielle, puisqu’on dit quelque chose de faux ; faussetĂ© formelle, puisqu’on veut le dire ; faussetĂ© efficiente, puisqu’on a l’intention de le faire croire. » La faussetĂ© matĂ©rielle correspond Ă  l’inexactitude de l’énoncĂ© ; elle est une erreur, non une faute. Pas davantage la volontĂ© de tromper, assurĂ©ment qualifiable moralement de maniĂšre nĂ©gative, ne constitue-t-elle formellement le mensonge Vouloir tromper quelqu’un, lui faire croire ce qui est faux, cela ne ressortit pas spĂ©cifiquement au mensonge, mais Ă  une certaine perfection du mensonge, de mĂȘme qu’un ĂȘtre physique reçoit son espĂšce de sa forme, quand bien mĂȘme l’effet de celle-ci serait absent. » Si, par exemple, l’interlocuteur ne se laisse pas tromper, le mensonge existe pourtant dĂšs que l’énoncĂ© qui lui est adressĂ© est volontairement faux. C’est la faussetĂ© formelle qui constitue la raison de mensonge, Ă  savoir la volontĂ© d’exprimer ce qui est faux. C’est pourquoi on appelle “mensonge” mendacium ce que l’on dit “contre sa pensĂ©e” contra mentem. » 6Quant Ă  la question de la moralitĂ© du mensonge, la thĂšse de saint Thomas d’Aquin est conforme Ă  celle du De mendacio de saint Augustin tout mensonge est un pĂ©chĂ©. Il l’appuie aussi sur l’opinion d’Aristote. Il explique qu’il est contre-nature d’investir le langage d’une signification contraire Ă  la pensĂ©e ; le mensonge est donc mauvais en soi malum ex genere Une chose mauvaise par nature ne peut jamais ĂȘtre bonne et licite ; parce que, pour qu’elle soit bonne, il est nĂ©cessaire que tous les Ă©lĂ©ments y concourent ; en effet, le bien est produit par une cause parfaite, tandis que le mal rĂ©sulte de n’importe quel dĂ©faut », selon Denys. Or, le mensonge est mauvais par nature ; c’est un acte dont la matiĂšre n’est pas ce qu’elle devrait ĂȘtre ; puisque les mots sont les signes naturels des pensĂ©es, il est contre-nature et illĂ©gitime qu’on leur fasse signifier ce qu’on ne pense pas. Aussi Aristote dit-il que le mensonge est par lui-mĂȘme mauvais et haĂŻssable, tandis que le vrai est bon et louable ». Tout mensonge est donc un pĂ©chĂ©, comme l’affirme saint Augustin [12]. » Saint Thomas Ă©met et rĂ©sout une objection qui mĂ©rite une attention particuliĂšre ; elle soutient que le mensonge pourrait ĂȘtre admis parfois comme un moindre mal Il faut choisir un moindre mal pour en Ă©viter un pire ; c’est ainsi que le mĂ©decin coupe un membre pour Ă©viter l’infection du corps entier. Mais on fait moins de mal en communiquant une information fausse qu’en commettant ou en laissant commettre un homicide [13]. » Pour saint Thomas, le fait que le mensonge puisse avoir une utilitĂ© ne saurait empĂȘcher le dĂ©sordre intrinsĂšque rĂ©sidant dans la contradiction entre la pensĂ©e et la parole. Dans cette optique, pour autant que le mensonge est intrinsĂšquement mauvais, il apparaĂźt qu’il ne peut jamais ĂȘtre choisi en vue de quelque bien que ce soit Le mensonge a raison de pĂ©chĂ© non seulement Ă  cause du tort fait au prochain, mais Ă  cause du dĂ©sordre qui lui est essentiel. Or, il n’est jamais permis d’employer un moyen dĂ©sordonnĂ©, donc dĂ©fendu, dans l’intĂ©rĂȘt du prochain, par exemple de voler pour faire l’aumĂŽne exceptĂ© dans un cas de nĂ©cessitĂ© oĂč toutes choses deviennent communes. Il n’est donc jamais permis de dire un mensonge pour soustraire quelqu’un Ă  n’importe quel danger [14]. »Emmanuel Kant et le devoir absolu de vĂ©racitĂ©7Dans son petit Ă©crit de 1797 intitulĂ© Sur un prĂ©tendu droit de mentir par humanitĂ©, Kant polĂ©mique avec Benjamin Constant. Celui-ci, dans Des rĂ©actions politiques, lui reproche l’affirmation d’un devoir absolu et illimitĂ© de dire la vĂ©ritĂ©, qu’il voit comme destructeur du lien social Le principe moral que dire la vĂ©ritĂ© est un devoir, s’il Ă©tait pris de maniĂšre absolue et isolĂ©e, rendrait toute sociĂ©tĂ© impossible. Nous en avons la preuve dans les consĂ©quences directes qu’a tirĂ©es de ce premier principe un philosophe allemand qui va jusqu’à prĂ©tendre qu’envers des assassins qui vous demanderaient si votre ami qu’ils poursuivent n’est pas rĂ©fugiĂ© dans votre maison, le mensonge serait un crime [15]. » Benjamin Constant met en corrĂ©lation le supposĂ© devoir de dire la vĂ©ritĂ© avec un droit Ă  l’entendre dire Dire la vĂ©ritĂ© est un devoir. Qu’est-ce qu’un devoir ? L’idĂ©e de devoir est insĂ©parable de celle de droits un devoir est ce qui, dans un ĂȘtre, correspond aux droits des autres. LĂ  oĂč il n’y a pas de droit, il n’y a pas de devoirs. Dire la vĂ©ritĂ© n’est donc un devoir qu’envers ceux qui ont droit Ă  la vĂ©ritĂ©. Or nul homme n’a droit Ă  la vĂ©ritĂ© qui nuit Ă  autrui [16]. » Cette rĂ©duction de la vĂ©ritĂ© Ă  sa composante sociale est du reste dĂ©jĂ  prĂ©sente chez Grotius et Puffendorf. Selon cette logique, je ne mens en parlant contre la vĂ©ritĂ© qu’à l’égard de ceux Ă  qui je la dois. 8Du point de vue de Kant, en revanche, je ne dois pas la vĂ©ritĂ© seulement Ă  l’autre, Ă  qui je parle, mais je me la dois non moins Ă  moi-mĂȘme, ou, pour le dire autrement, Ă  l’humanitĂ©, commune en moi, Ă  moi et Ă  l’autre la vĂ©racitĂ© dans les dĂ©clarations que l’on ne peut pas Ă©viter est un devoir formel de l’homme Ă  l’égard de chacun, quelle que soit l’importance du dommage qui peut en rĂ©sulter pour lui ou pour un autre. Et bien que je ne commette pas d’injustice envers celui qui me contraint injustement Ă  une dĂ©claration quand je la falsifie, je commets cependant par une telle falsification qui, pour cette raison, peut elle aussi ĂȘtre appelĂ©e mensonge – quoique dans un sens qui n’est pas celui des juristes – une injustice dans la partie la plus essentielle du devoir en gĂ©nĂ©ral c’est-Ă -dire que, pour autant que cela dĂ©pend d’elle, mon action a pour effet que des dĂ©clarations en gĂ©nĂ©ral ne trouvent pas de crĂ©ance, et que, par consĂ©quent, tous les droits qui sont fondĂ©s sur des contrats tombent Ă©galement et perdent leur force ce qui constitue une injustice Ă  l’encontre de l’humanitĂ© en gĂ©nĂ©ral [17] ». On l’aura compris Kant retourne au passage l’argument de Benjamin Constant ce qui rendrait toute sociĂ©tĂ© impossible », ce ne serait pas de dire toujours la vĂ©ritĂ©, mais, en s’autorisant Ă  mentir, de ruiner la confiance nĂ©cessaire entre les interlocuteurs. La prohibition du mensonge est donc absolue c’est donc un commandement de la raison sacrĂ©, absolument impĂ©ratif et que ne peut limiter aucune convenance que d’ĂȘtre vĂ©ridique honnĂȘte dans toutes ses affirmations [18] ». Cela vaut toujours, en toute circonstance, mĂȘme s’il en rĂ©sulte un dommage pour autrui en rĂ©alitĂ© tout homme n’a pas seulement un droit Ă  la vĂ©racitĂ©, mais il en a mĂȘme le devoir le plus strict dans les dĂ©clarations qu’il ne peut Ă©viter, mĂȘme si cette vĂ©racitĂ© peut lui nuire ou nuire Ă  un autre. Ce n’est donc pas proprement lui-mĂȘme qui nuit Ă  celui qui en subit les consĂ©quences, mais c’est un accident qui est la cause de ce dommage. Car ici il n’est pas libre de choisir, parce que la vĂ©racitĂ© s’il est obligĂ© de parler est un devoir absolu [19] ». En outre, la thĂšse de Benjamin Constant recĂšle une difficultĂ© la sociĂ©tĂ©, l’humanitĂ© devraient-elles ĂȘtre divisĂ©es entre ceux qui ont droit Ă  la vĂ©ritĂ© et ceux qui n’y ont pas droit ? Et si tel est le cas, Ă  qui appartiendra-t-il le soin d’opĂ©rer cette division ? Comment Ă©viter que celui Ă  qui, en raison des circonstances, il en coĂ»te de dire la vĂ©ritĂ©, ne s’exonĂšre trop facilement de ce devoir ? Par consĂ©quent, le “philosophe allemand” n’acceptera donc pas comme principe la proposition que “dire la vĂ©ritĂ© n’est un devoir qu’envers ceux qui ont droit Ă  la vĂ©ritĂ©â€ ; en premier lieu, parce que sa formulation est imprĂ©cise dans la mesure oĂč la vĂ©ritĂ© n’est pas un bien qu’on possĂšde et sur lequel un droit serait reconnu Ă  l’un tandis qu’il serait refusĂ© Ă  l’autre ; ensuite et avant tout, parce que le devoir de vĂ©racitĂ© en tant qu’il n’est question ici que de lui ne fait aucune distinction entre les personnes Ă  l’égard de qui on pourrait avoir ce devoir et celles Ă  l’égard de qui on pourrait aussi s’en dispenser, mais constitue un devoir absolu dont la validitĂ© s’étend Ă  toutes les relations [20]. »Le mensonge inĂ©vitable9L’interdiction rigoureuse du mensonge jusque dans les occasions oĂč il apparaĂźtrait le plus inĂ©vitable, reprĂ©sentĂ©e par Augustin, Thomas d’Aquin et Kant, n’est cependant pas l’objet d’un consensus. Soumettons-la Ă  une critique, d’abord externe, par la considĂ©ration d’autres auteurs, puis interne, par les autolimitations de leurs doctrines. 10On aurait tort de penser que les PĂšres soient unanimes autour de la position de saint Augustin. Une autre tradition existe, de PĂšres misĂ©ricordieux » ClĂ©ment d’Alexandrie, OrigĂšne, Jean Chrysostome, Cassien, Hilaire, ce dernier Ă©crivant par exemple il arrive que le respect scrupuleux de la vĂ©ritĂ© soit difficile ; en certaines circonstances, le mensonge devient nĂ©cessaire et la faussetĂ© utile ; ainsi nous mentons pour cacher un homme Ă  quelqu’un qui veut le frapper, pour ne pas donner un tĂ©moignage qui ferait condamner un innocent, pour rassurer un malade sur sa guĂ©rison [21] ».Arthur Schopenhauer et le mensonge comme lĂ©gitime dĂ©fense11Dans les derniers siĂšcles, surtout, se sont multipliĂ©es des prises de position en faveur du caractĂšre inĂ©vitable, voire nĂ©cessaire, du mensonge dans certains cas spĂ©ciaux. Schopenhauer caractĂ©rise ainsi la nocivitĂ© du mensonge si le mensonge est illĂ©gitime, c’est pour cette unique raison, et par suite Ă  condition qu’il soit un instrument de tromperie, qu’il serve Ă  violenter les gens Ă  l’aide de la loi des motifs. Or c’est ce qu’il fait ordinairement [22] ». Si le mensonge est violence, il lui emprunte sa qualification morale. Or l’usage de la force n’est pas toujours injuste il existe une lĂ©gitime dĂ©fense qui peut y recourir. Par consĂ©quent, le mensonge est possible et nĂ©cessaire dans les cas oĂč, analogiquement, la violence serait permise puisque je peux, sans injustice, donc de plein droit, repousser la violence par la violence, je peux de mĂȘme, si la force me fait dĂ©faut, ou bien, si elle ne me semble pas aussi bien de mise, recourir Ă  la ruse. Donc, dans les cas oĂč j’ai le droit d’en appeler Ă  la force, j’ai droit d’en appeler au mensonge Ă©galement ainsi contre des brigands, contre des malfaiteurs de n’importe quelle espĂšce ; et de les attirer dans un piĂšge. Et de mĂȘme une promesse arrachĂ©e de force ne lie point. Mais en rĂ©alitĂ© le droit de mentir va plus loin encore ce droit m’appartient contre toute question que j’ai n’ai pas autorisĂ©e, et qui concerne ma personne ou celle des miens une telle question est indiscrĂšte ; ce n’est pas seulement en y rĂ©pondant, c’est mĂȘme en l’écartant avec un “je n’ai rien Ă  dire”, formule dĂ©jĂ  suffisante pour Ă©veiller le soupçon, que je m’exposerais Ă  un danger. Le mensonge en de tels cas est l’arme dĂ©fensive lĂ©gitime, contre une curiositĂ© dont les motifs d’ordinaire ne sont pas bienveillants [23] ». À l’égard de l’indiscret, je suis en droit de me dĂ©barrasser de lui par un mensonge, Ă  ses risques et pĂ©rils, dĂ»t-il en rĂ©sulter pour lui quelque erreur dommageable. En pareille occasion, le mensonge est l’unique moyen de me protĂ©ger contre une curiositĂ© indiscrĂšte et soupçonneuse je suis dans le cas de lĂ©gitime dĂ©fense [24]. » Schopenhauer en appelle au rĂ©alisme de l’expĂ©rience quotidienne pour rĂ©cuser l’intransigeance kantienne il y voit une exigence de vĂ©ritĂ©, suggĂ©rant ainsi qu’une prohibition thĂ©oriquement absolue du mensonge au nom d’un impĂ©rieux devoir de vĂ©ritĂ© risquerait fort de n’ĂȘtre qu’hypocrisie dĂ©mentie par d’inĂ©vitables entorses pratiques au principe ainsi rĂ©vĂ©rĂ© et proclamĂ©. Mieux vaudrait alors dĂ©limiter soigneusement mais, partant, reconnaĂźtre les occasions lĂ©gitimes de mensonge tel est l’unique moyen de faire cesser cette contradiction choquante entre la morale telle qu’on la professe, et la morale telle qu’on la pratique tous les jours, mĂȘme parmi les hommes les plus sincĂšres et les meilleurs [25] ». 12La consistance Ă©thique de cette analogie avec la lĂ©gitime dĂ©fense et de cette thĂšse de l’autoprotection du menteur reste bien faible en regard des impĂ©ratifs, tant individuels que sociaux, de droiture et de vĂ©ritĂ© mis en valeur par les auteurs de la ligne JankĂ©lĂ©vitch et le mensonge-par-amour13La rĂ©flexion de Vladimir JankĂ©lĂ©vitch sur la sincĂ©ritĂ© constitue une objection plus troublante Ă  la prohibition universelle du mensonge. Elle soutient, comme attitude Ă©thique de fond, la prĂ©fĂ©rence pour l’autre, surtout en sa faiblesse, et par consĂ©quent le primat de l’amour d’autrui sur la prĂ©servation puriste de ma propre vĂ©racitĂ©. Le propos est Ă©tayĂ© par deux exemples, dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©s par saint Augustin faut-il dire la vĂ©ritĂ©, d’une part au malade qui va mourir et, d’autre part, Ă  ceux qui pourchassent, pour le tuer, celui qui s’est rĂ©fugiĂ© chez moi ? Quant au premier cas, JankĂ©lĂ©vitch affirme il ne faut pas que les hommes pauvres et seuls aient de la peine, ceci est plus important que tout et mĂȘme que la vĂ©ritĂ©. Il ne faut pas faire de la peine au mourant, fĂ»t-ce au prix d’une entorse Ă  la vĂ©ritĂ© ; non, il ne faut pas dire la vĂ©ritĂ© au mourant. 
 Le mensonge-par-amour qui est survĂ©ritĂ© est paradoxalement plus vrai que la vĂ©ritĂ© vraie ; la vĂ©ritĂ© pneumatique du mensonge d’amour est plus vraie que la vĂ©ritĂ© grammatique de la vĂ©ritĂ© pure et simple. C’est la vĂ©ritĂ© pure et simple qui est dans bien des cas un mensonge. Un sage qui ment par bontĂ© est donc plus profondĂ©ment vĂ©ridique qu’un sophiste qui dit la vĂ©ritĂ© par mĂ©chancetĂ© ! 
 Le Numquam augustinien est donc bien trop simpliste et sommaire pour la complexitĂ© innombrable de ces situations impures en vue desquelles Pascal avait imaginĂ© l’esprit de finesse. 
 Malheur aux brutes qui disent toujours la vĂ©ritĂ© ! Malheur Ă  ceux qui n’ont jamais menti ! [26] ». Bien sĂ»r, JankĂ©lĂ©vitch ne fait aucune apologie du mensonge ; il maintient qu’il faut toujours rĂ©pugner Ă  en user, mais observe que la prĂ©servation des valeurs supĂ©rieures le rendent, de fait, parfois inĂ©vitable et nĂ©cessaire, en sorte qu’à dĂ©faut de le vouloir en vraie libertĂ© de choix, il faut se rĂ©signer Ă  y consentir malgrĂ© soi celui qui n’admet pas le principe du mensonge admettra en fait le fait du mensonge, par cette bonne raison que la crĂ©ature ne fait que ce qui est possible. La volontĂ© antĂ©cĂ©dente et platonique qui veut thĂ©oriquement la vĂ©ritĂ©, qui veut la vĂ©ritĂ©-un-point-c’est-tout, cette volontĂ© devient dans un monde ataxique et douloureux la volontĂ© consĂ©quente du mensonge nĂ©cessaire, nĂ©cessaire Ă  la manifestation d’une vĂ©ritĂ© plus profonde et plus gĂ©nĂ©rale. Mais bien entendu elle ne veut pas le mensonge positivement ni directement ni transitivement elle le veut sans le vouloir expressĂ©ment ; elle le veut avec rĂ©pugnance, non pas d’une volontĂ© “ambivalente” et dĂ©chirĂ©e, mais d’une nolontĂ© voulante, et pour ainsi dire la mort dans l’ñme et Ă  son corps dĂ©fendant ; elle le veut en le maudissant, et comme on veut un moindre mal ; et elle vomit ce qu’elle veut ; car elle veut Ă  travers lui autre chose dont il est le chemin elle s’en sert donc comme d’un mĂ©diateur ; son intention vise au-delĂ , plus haut et plus loin. Celui qui veut sincĂšrement la vĂ©ritĂ© 
 consent 
 au mensonge, ou tout simplement s’y rĂ©signe [27] ». À l’argument du primat de l’amour de l’autre sur la vĂ©racitĂ© propre vient donc s’ajouter ici la thĂšse du mensonge comme moindre mal. 14Dans le deuxiĂšme exemple – celui du rĂ©fugiĂ© dont on me presse de trahir la prĂ©sence –, JankĂ©lĂ©vitch dĂ©passe la reconnaissance d’un droit au mensonge, pour l’ériger en un strict devoir moral Mentir aux policiers allemands qui nous demandent si nous cachons chez nous un patriote, ce n’est pas mentir, c’est dire la vĂ©ritĂ© ; rĂ©pondre il n’y a personne, quand il y a quelqu’un, c’est le plus sacrĂ© des devoirs. Celui qui dit la vĂ©ritĂ© au policier allemand est un menteur. Celui qui dit la vĂ©ritĂ© au policier allemand est lui-mĂȘme un policier allemand. Celui qui dit la vĂ©ritĂ© aux ennemis de l’homme est lui-mĂȘme un ennemi de l’homme ; il est comme le scrupuleux qui, pardonnant les crimes contre l’humanitĂ©, met la loi morale en contradiction avec elle-mĂȘme. Non, les bourreaux d’Auschwitz et les pendeurs de Tulle ne mĂ©ritent pas qu’on leur dise la vĂ©ritĂ©, cette vĂ©ritĂ© qu’on prĂ©tend leur dire n’est pas faite pour eux. Les scrupuleux, en ces matiĂšres, sont les complices des pendeurs. Mieux vaut user des mĂȘmes armes que travailler au mĂȘme but [28]. »AndrĂ© Comte-Sponville et le devoir de mensonge de bonne foi15AndrĂ© Comte-Sponville va dans le mĂȘme sens. Il prĂ©fĂšre louer la bonne foi plutĂŽt que la sincĂ©ritĂ©. Il les distingue ainsi Être sincĂšre, c’est ne pas mentir Ă  autrui ; ĂȘtre de bonne foi, c’est ne mentir ni Ă  autrui ni Ă  soi. 
 La bonne foi est une sincĂ©ritĂ© Ă  la fois transitive et rĂ©flexive. Elle rĂšgle, ou elle devrait rĂ©gler, nos rapports Ă  autrui aussi bien qu’à nous-mĂȘme [29]. » Le mensonge est ainsi envisagĂ© non seulement par rapport Ă  l’autre mais aussi, Ă  l’instar d’Augustin, de Thomas d’Aquin et de Kant, par rapport Ă  soi-mĂȘme. Cette vertu de bonne foi possĂšde un statut original, Ă  la fois d’incomplĂ©tude et de gĂ©nĂ©ralitĂ© ; elle n’est pas complĂšte ou suffisante car elle peut accompagner l’immoralitĂ©, telle que la mĂ©chancetĂ© on peut ĂȘtre un salaud sincĂšre », un nazi de bonne foi ». En revanche, elle est nĂ©cessaire Ă  toute autre vertu Aucune vertu n’est vraie, ou n’est vraiment vertueuse, sans cette vertu de vĂ©ritĂ©. Vertu sans bonne foi c’est mauvaise foi, et ce n’est pas vertu [30]. » La vĂ©ritĂ© n’a pas besoin d’ĂȘtre qualifiĂ©e par d’autres vertus, alors que toute vertu demande Ă  ĂȘtre vraie. Elle doit ĂȘtre aimĂ©e pour elle-mĂȘme. FidĂ©litĂ© au vrai d’abord mieux vaut une vraie tristesse qu’une fausse joie [31]. » Pour Comte-Sponville, comme pour JankĂ©lĂ©vitch, il y a des cas oĂč le mensonge est nĂ©cessaire comme un moindre mal il faut parfois se contenter du moindre mal, et le mensonge peut en ĂȘtre un [32] ». Mais il en Ă©tend la possibilitĂ© hors des nĂ©cessitĂ©s de l’amour pour autrui S’il faut mentir pour survivre, ou pour rĂ©sister Ă  la barbarie ou pour sauver celui qu’on aime, qu’on doit aimer, nul doute pour moi qu’il faille mentir, quand il n’y a pas d’autre moyen, ou quand tous les autres moyens seraient pires [33]. » Ce devoir de mentir, nonobstant le fait que mentir reste un mal mais un mal ici nĂ©cessaire comme le moindre, est imposĂ© contre la thĂšse de Kant par le devoir de prĂ©fĂ©rer autrui Ă  soi Qu’est-ce que cette vertu si soucieuse de soi, de sa petite intĂ©gritĂ©, de sa petite dignitĂ©, qu’elle est prĂȘte, pour se prĂ©server, Ă  livrer un innocent Ă  des assassins ? Qu’est-ce que ce devoir sans prudence, sans compassion, sans charitĂ© ? Le mensonge est une faute ? Sans doute. Mais la sĂ©cheresse de cƓur aussi, et plus grave ! La vĂ©racitĂ© est un devoir ? Soit. Mais l’assistance Ă  personne en danger en est un autre, et plus pressant. Malheur Ă  celui qui prĂ©fĂšre sa conscience Ă  son prochain [34]. » En accord avec JankĂ©lĂ©vitch, Comte-Sponville Ă©crit donc Vous abritez un Juif ou un RĂ©sistant dans votre grenier. La Gestapo, qui le cherche, vous interroge. Allez-vous dire la vĂ©ritĂ© ? Allez-vous ce qui reviendrait au mĂȘme refuser de rĂ©pondre ? Bien sĂ»r que non ! Tout homme d’honneur, tout homme de cƓur, et mĂȘme tout homme de devoir, se sentira non seulement autorisĂ© mais tenu de mentir [35]. » De mĂȘme que JankĂ©lĂ©vitch vitupĂ©rait contre le purisme et le vĂ©risme, il ajoute À faire de la bonne foi un absolu on la perd, puisqu’elle n’est plus bonne, puisqu’elle n’est plus que vĂ©racitĂ© dessĂ©chĂ©e, mortifĂšre, haĂŻssable. Ce n’est plus bonne foi, c’est vĂ©ridisme ; ce n’est plus vertu, c’est fanatisme. Fanatisme thĂ©orique, dĂ©sincarnĂ©, abstrait fanatisme de philosophe, qui aime la vĂ©ritĂ© Ă  la folie. Mais aucune folie n’est bonne. Mais aucun fanatisme n’est vertueux [36]. » Mais, dans l’exemple du mensonge Ă  opposer Ă  la Gestapo, contre JankĂ©lĂ©vitch, il note que cela ne deviendrait pas du mĂȘme coup dire la vĂ©ritĂ©, mais resterait un mensonge, simplement prĂ©fĂ©rable Ă  toute autre voie et du coup nĂ©cessaire, un mensonge qui laisserait intact notre attachement intĂ©rieur Ă  la vĂ©ritĂ©, un mensonge de bonne foi S’il est lĂ©gitime de mentir au mĂ©chant, par exemple quand notre vie est en jeu, ce n’est pas que nous nous mettions alors plus haut que la vĂ©ritĂ©, puisque cela ne nous empĂȘche en rien de l’aimer, de la respecter, de nous y soumettre au moins intĂ©rieurement. C’est au nom de ce que l’on croit vrai, mĂȘme, qu’on ment Ă  l’assassin ou au barbare, et ce sont mensonges, en ce sens, de bonne foi [37]. » 16Faut-il dire la vĂ©ritĂ© au mourant ? Comte-Sponville rĂ©cuse assurĂ©ment Kant qui rĂ©pondrait qu’il le faut toujours, mais non moins JankĂ©lĂ©vitch qui considĂšre qu’il ne le faut jamais. Entre toujours et jamais, il y a place pour le discernement du respect Ă  apporter Ă  l’amour que le mourant lui-mĂȘme porte Ă  la vĂ©ritĂ©. Comte-Sponville conclut Il faut donc dire la vĂ©ritĂ©, ou le plus de vĂ©ritĂ© possible, puisque la vĂ©ritĂ© est une valeur, puisque la sincĂ©ritĂ© est une vertu ; mais pas toujours, mais pas Ă  n’importe qui, mais pas Ă  n’importe quel prix, mais pas n’importe comment ! Il faut dire la vĂ©ritĂ© autant qu’on peut, ou autant qu’on doit, disons autant qu’on peut le faire sans manquer par lĂ  Ă  quelque vertu plus haute ou plus urgente [38]. » La prĂ©fĂ©rence de l’autre Ă  ma propre vĂ©racitĂ© autorise et impose donc le mensonge, opposĂ© Ă  la sincĂ©ritĂ© transitive. Mais, pour autant, nulle entorse Ă  la sincĂ©ritĂ© rĂ©flexive, Ă  la sincĂ©ritĂ© envers soi-mĂȘme, Ă  la bonne foi, n’est lĂ©gitime, car ce serait se mettre soi plus haut que la vĂ©ritĂ© ». Il ne s’agit pas, en dĂ©finitive, de prĂ©fĂ©rer la vĂ©ritĂ© Ă  l’amour ou l’amour Ă  la vĂ©ritĂ©. L’amour prĂ©vaut, certes, mais pour autant seulement qu’il est vrai [39] ». Le philosophe, au sens le plus fort et le plus ordinaire du terme, sait que la vĂ©ritĂ© sans la charitĂ© n’est pas Dieu. Mais il sait aussi, ou il croit savoir, que la charitĂ© sans la vĂ©ritĂ© n’est qu’un mensonge parmi d’autres, et n’est pas la charitĂ© [40]. »Les limites de l’interdiction17AprĂšs les critiques externes que nous avons recensĂ©es de la thĂšse d’une interdiction morale absolue et universelle du mensonge, il convient de considĂ©rer les nuances, voire les limitations que les trois auteurs emblĂ©matiques que sont Augustin, Thomas d’Aquin et Kant apportent eux-mĂȘmes Ă  la rigueur de leur position. Saint Thomas, on l’a vu, estime que le mensonge comporte un dĂ©sordre intrinsĂšque qui empĂȘche donc toujours de le choisir comme moyen, mĂȘme pour soustraire quelqu’un Ă  n’importe quel danger [41]. Il ajoute cependant quoi qu’il soit permis de dissimuler prudemment la vĂ©ritĂ©, dit saint Augustin. » Saint Thomas n’en dit pas plus ici sur cette fameuse dissimulation prudente de la vĂ©ritĂ©. Il vaut donc la peine de recourir au De mendacio de saint Augustin qui inspire cette prise de position Dans tous nos actes, ce qui trouble le plus, mĂȘme les gens de bien, ce sont les pĂ©chĂ©s oĂč le mal et le bien se balancent ; on va jusqu’à ne pas les prendre pour des pĂ©chĂ©s si on a de telles raisons de les faire qu’on semblerait plutĂŽt pĂ©cher, si on ne les faisait pas. Et ce principe a prĂ©valu dans l’opinion des hommes, surtout au sujet des mensonges. On ne les juge plus des pĂ©chĂ©s, bien plus, on les croit de bonnes actions, quand on ment par utilitĂ©, en faveur de quelqu’un qui a intĂ©rĂȘt Ă  ĂȘtre trompĂ© ou quand le mensonge est le seul recours pour empĂȘcher quelqu’un qui paraĂźt sur le point de nuire Ă  d’autres, de leur faire du mal. Pour justifier les mensonges de cette catĂ©gorie, on sort, en leur faveur, de nombreux exemples tirĂ©s des saintes Écritures. Or, cacher la vĂ©ritĂ© n’est pas la mĂȘme chose que profĂ©rer un mensonge. Bien que tout homme qui ment veuille cacher le vrai, pourtant tout homme qui veut cacher le vrai ne ment pas. Souvent, en effet, nous cachons la vĂ©ritĂ© non par le mensonge, mais par le silence [42]. » Et saint Augustin de conclure mentir ce n’est donc pas cacher le vrai en se taisant ; c’est exprimer le faux en parlant [43]. » On a ici en germe la thĂ©orie de la restriction mentale. 18Le problĂšme est que, ainsi que doit le reconnaĂźtre ailleurs le mĂȘme saint Augustin, le silence ne signifie pas toujours neutralitĂ© et possĂšde parfois une Ă©loquence plus grande que toute parole. Dans l’exemple du rĂ©fugiĂ©, il affirme ainsi on se trouve parfois, il est vrai, dans une situation critique. On ne nous demande pas oĂč se trouve cet homme qu’on cherche. On ne nous met pas en demeure de le livrer et il est si bien cachĂ© qu’on ne peut facilement le dĂ©couvrir sans trahison. On nous demande seulement est-il oui ou non Ă  tel endroit ? Si nous savons qu’il y est et que nous nous taisons, notre silence le livre. Nous le livrons de mĂȘme en rĂ©pondant que nous n’avons pas Ă  dire s’il y est ou s’il n’y est pas. Car l’enquĂȘteur conclut de notre attitude Ă  sa prĂ©sence [44]. » VoilĂ  qui est finement observĂ© au sujet de la porositĂ© de frontiĂšre entre parole et silence. Malheureusement, la suite, toute rĂ©vĂ©rence gardĂ©e, prĂȘte Ă  perplexitĂ© Si donc vous ignorez oĂč est l’homme, vous n’avez aucune raison de cacher la vĂ©ritĂ© et vous devez avouer votre ignorance. Mais si vous connaissez l’endroit de sa retraite, que ce soit l’endroit oĂč on le cherche ou un autre, gardez-vous bien de dire quand on vous demande Est-il lĂ  oĂč non ? je n’ai rien Ă  dire ; dites simplement Je sais oĂč il est, mais je ne vous l’indiquerai pas [45]. » Augustin n’ose pas encore franchir ici la ligne de possibilitĂ© d’un mensonge et prĂ©fĂšre donner un conseil d’hĂ©roĂŻsme pour des chrĂ©tiens disposĂ©s au martyre. 19Dans La Doctrine de la vertu, au sein de la MĂ©taphysique des mƓurs, Kant confirme sa condamnation sans appel du mensonge. Il ne rĂ©sout pourtant pas les questions dites casuistiques qu’il soulĂšve Peut-on tenir pour mensonge une contre-vĂ©ritĂ© Ă©mise par simple politesse par exemple je suis votre trĂšs obĂ©issant serviteur Ă  la fin d’une lettre ? Personne n’est trompĂ© par lĂ . Un auteur demande Ă  l’un de ses lecteurs comment trouvez-vous mon Ɠuvre ? On pourrait bien donner une rĂ©ponse illusoire en se moquant de ce qu’une telle question a d’embarrassant, mais qui a toujours prĂȘt un mot d’esprit ? La moindre hĂ©sitation Ă  rĂ©pondre est dĂ©jĂ  une humiliation pour l’auteur, le lecteur peut-il donc lui parler selon son cƓur ? [46] » 20Il est enfin un passage Ă©tonnant, au sein mĂȘme du De mendacio, apparemment en complĂšte dissonance, voire en contradiction, avec la ligne sĂ©vĂšre constante de saint Augustin il y admet en effet explicitement une exception Ă  l’interdiction du mensonge, Ă  savoir le cas oĂč je pourrais empĂȘcher par mon pĂ©chĂ©, en l’occurrence de mensonge, la souillure d’autrui. Peu importe ici que l’exception soit petite ou rare ; l’important est qu’elle soit, dĂ©mentant alors l’universalitĂ© de la prohibition quant aux pĂ©chĂ©s qui sont commis sur un homme de maniĂšre Ă  le rendre immonde, nous devrions les empĂȘcher, fĂ»t-ce au prix de nos pĂ©chĂ©s. Car on ne saurait appeler pĂ©chĂ©s les actes qu’on accomplit pour Ă©viter une telle souillure. Tout acte, en effet, qu’on jugerait blĂąmable, si on ne l’accomplissait pas, n’est pas un pĂ©chĂ©. Il rĂ©sulte de lĂ  qu’il ne faut pas l’appeler souillure, la souillure qu’on n’a aucun pouvoir d’empĂȘcher. 
 Rien de ce qu’il eĂ»t fait pour y Ă©chapper n’aurait Ă©tĂ© pĂ©chĂ©. Donc quiconque ment pour cela ne pĂšche pas [47]. » Selon le mĂȘme principe on cherche quelqu’un pour attenter Ă  sa pudeur. Supposons qu’il soit possible de le cacher grĂące Ă  un mensonge ; qui osera dire que, mĂȘme dans ce cas, il ne faut pas mentir ? [48] » IndĂ©pendamment des difficultĂ©s Ă  concilier ces affirmations avec le reste de l’ouvrage, un principe intĂ©ressant et large est ici invoquĂ© Tout acte qu’on jugerait blĂąmable, si on ne l’accomplissait pas, n’est pas un pĂ©chĂ©. » Il ne s’agit plus ici d’avancer que l’acte du mensonge serait de soi et toujours un pĂ©chĂ©. Au contraire quiconque ment pour cela ne pĂšche pas. » Si le mensonge est intrinsĂšquement mauvais, comme semble le dire tout le reste de l’ouvrage, comment en cette situation dĂ©terminĂ©e son acte peut-il n’ĂȘtre pas peccamineux ? Quoi qu’il en soit des problĂšmes de cohĂ©rence dans la pensĂ©e d’Augustin, il semble bien que celui-ci justifie, Ă  titre exceptionnel certes, un mensonge par son motif et par l’intention du menteur, louable parce qu’il serait blĂąmable de ne pas y recourir. 21Que peut-on conclure de cette enquĂȘte auprĂšs d’Augustin, de Thomas d’Aquin et de Kant, comme des critiques, externes et internes, de leur interdiction absolue du mensonge ? Le mĂ©rite de cette thĂšse intransigeante est de ne pas contraindre le point de vue Ă©thique par le seul critĂšre de l’utilitĂ© et de considĂ©rer le devoir de vĂ©ritĂ© non seulement comme un devoir vis-Ă -vis d’autrui, mais aussi de sa conscience propre, de l’humanitĂ© comme telle, commune Ă  ma personne et Ă  toute autre, et de Dieu. Ses points faibles ne manquent pas non plus d’apparaĂźtre le plus Ă©vident est l’insurrection du bon sens dans ces circonstances oĂč on voudrait bien ne pas mentir, mais oĂč l’on perçoit qu’on ne pourrait pas le refuser sans un dommage moral plus grand. De plus, si l’on peut sans trop de peine admettre la supĂ©rioritĂ© du bien de l’ñme sur celui du corps, mise en avant par Augustin, on aimerait qu’il considĂ©rĂąt mieux la transformation du point de vue lorsqu’il s’agit de comparer mon bien, mĂȘme quant Ă  l’ñme, et le bien d’autrui de quel amour procĂšde l’intransigeance Ă  sauvegarder ma vĂ©racitĂ© ? amour de la » vĂ©ritĂ© ? amour de ma » vĂ©ritĂ© ? amour de mon ego, au travers du purisme et du vĂ©risme dans lesquels je me complais ? Si ces auteurs ont le mĂ©rite de ne pas rĂ©duire le mensonge au relationnel, ne risquent-ils pas d’avoir le tort de rĂ©duire le relationnel dans leur considĂ©ration du mensonge ? Il apparaĂźt d’ailleurs que mĂȘme les tenants de cette ligne sĂ©vĂšre admettent que n’est pas mensongĂšre la formule convenue dont personne ne doit ĂȘtre dupe, preuve que le discours nu, indĂ©pendamment des intentions des interlocuteurs, ne saurait ĂȘtre qualifiĂ© Ă©thiquement de mensonge. 22La philosophie du langage confirme et complĂšte d’ailleurs cette considĂ©ration. Pour reprendre des exemples cĂ©lĂšbres d’Austin, l’actuel roi de France est chauve » est une proposition qui n’est pas plus fausse qu’elle n’est vraie, puisque ne rĂšgne actuellement aucun roi en France [49], et il y a un taureau dans le champ » n’a pas du tout le mĂȘme sens selon que je vous la dis alors que vous ĂȘtes dans le champ ou alors que nous contemplons ensemble un tableau dans un musĂ©e [50]. Par ailleurs, tout le monde convient que toute vĂ©ritĂ© n’est pas bonne Ă  dire, qu’il faut parfois la taire, que l’on ne peut pas simplement dĂ©crĂ©ter que dire la vĂ©ritĂ© est vertueux et que ne pas la dire est peccamineux on peut dire la vĂ©ritĂ© avec une intention haineuse, hautement peccamineuse, et la taire par amour. De cela, tant Augustin que Thomas d’Aquin conviennent ou conviendraient. Seulement, on ne peut pas toujours se taire alors qu’on le voudrait et l’on doit parfois parler alors qu’on voudrait se taire. Si le silence peut avoir valeur de parole – on peut trahir un secret par le seul silence –, ne faut-il pas convenir aussi que la parole peut avoir valeur de silence, qu’elle peut ĂȘtre l’unique recours pour voiler la vĂ©ritĂ© Ă  taire ? La thĂšse antique et mĂ©diĂ©vale de la naturalitĂ© du signe du langage, censĂ©e justifier le dĂ©sordre intrinsĂšque de la parole mensongĂšre, pĂšse peu ici en regard des enjeux proprement Ă©thiques n’est-il pas clair que le rĂ©sistant torturĂ© pour livrer les noms des membres de son rĂ©seau doit faire tout son possible pour protĂ©ger la vie de ceux-ci, y compris par de faux renseignements qui pourront mĂ©nager le dĂ©lai nĂ©cessaire Ă  leur fuite ? L’inĂ©luctabilitĂ© du recours au mensonge dans certains cas extrĂȘmes a-t-elle besoin, comme justification, d’une analogie avec la lĂ©gitime dĂ©fense, selon la perspective de Schopenhauer, de l’affirmation d’un primat de l’amour sur la vĂ©ritĂ©, comme le proclame JankĂ©lĂ©vitch, ou du principe du moindre mal, selon le mĂȘme auteur ainsi que Comte-Sponville ? 23Ces explications partielles, nonobstant leur part de pertinence, ouvrent la porte Ă  une lĂ©gitimitĂ© d’un mensonge dont la malice morale devient difficile Ă  situer, dĂšs lors qu’elle vaut gĂ©nĂ©ralement, dans la plupart des cas, mais pas toujours ni en soi. Il existe un autre moyen de rendre compte Ă  la fois de l’interdiction Ă©thique du mensonge et de la lĂ©gitimitĂ© pratique d’un discours intentionnellement inexact l’impact des obstacles au volontaire sur l’imputabilitĂ© de l’acte. Comme l’explique saint Thomas d’Aquin, nul n’est responsable moralement de ce Ă  quoi il est contraint par la violence [51]. Le mensonge peut bien ĂȘtre en soi moralement condamnable sans ĂȘtre toujours concrĂštement blĂąmable, dĂšs lors que la prĂ©supposition de libertĂ© de l’acte de parole se trouve contredite lĂ  oĂč la libertĂ© souffre contradiction, la diction est exonĂ©rĂ©e de ses rĂšgles habituelles de vĂ©ritĂ©. Le nombre de ces cas n’est pas si rare la densitĂ© de la violence que portent nos sociĂ©tĂ©s doit en effet prendre en compte bien des violences latentes, sournoises, inaperçues des pressions, des harcĂšlements, des chantages. Cette explication suffit peut-ĂȘtre Ă  guider l’attitude de celui qui doit protĂ©ger la vie du rĂ©fugiĂ© que l’on pourchasse. Elle ne saurait pourtant, sans extension indue, rĂ©soudre le cas, difficile et douloureux, de la parole Ă  adresser Ă  un malade inquiet, de la protection du secret contre une question indiscrĂšte, de la gradualitĂ© dans l’accompagnement d’une conscience Ă  Ă©clairer. Ne jamais parler contre la vĂ©ritĂ© mais la taire quand on ne peut pas la dire constitue une rĂšgle toujours souhaitable mais parfois apparemment impossible, du moins si l’on ne considĂšre de la vĂ©ritĂ© que l’exactitude objective et factuelle. L’échange de parole, qui est une modalitĂ© mais qui n’est qu’une modalitĂ© de la communication entre deux personnes, demande Ă  ĂȘtre investi de la vĂ©ritĂ© plus haute, et proprement Ă©thique, de celles-ci. Etre vrai dans le dialogue avec autrui suppose le fin discernement de ce qu’il entendra, de ce qu’il recevra de ce que je pourrai dire. C’est ainsi que je pourrai, selon le code de la confiance qui nous lie, savoir quoi dire et comment dire pour ĂȘtre vrai Ă  son Ă©gard, dans le respect de nos personnes et du vrai bien, dans l’amour de la vĂ©ritĂ© et la vĂ©ritĂ© de l’amour. 24En tant que chrĂ©tiens, n’avons-nous pas pourtant un appel Ă  une perfection plus grande que celle des scribes et des pharisiens, une exigence plus impĂ©rieuse envers le courage de la fidĂ©litĂ© », selon la belle expression de JankĂ©lĂ©vitch ? Certes, et le philosophe est ici prĂ©cieux, il faut craindre l’arrogance du purisme qui blĂąme chez autrui, avec trop de hĂąte, trop de facilitĂ© et trop de duretĂ©, les compromis ou les capitulations auxquels sa volontĂ© se rĂ©signe ou contre lesquels elle proteste mĂȘme, alors mĂȘme que nous ne somme pas assurĂ©s de faire mieux en pareille circonstance. Pour autant, quant Ă  sa propre conduite personnelle, ne faut-il pas dĂ©sirer prĂ©senter cette force de Socrate, de Jean-Baptiste, de Thomas More, de tant de ceux de nos frĂšres et sƓurs qui ont su opposer une douce et humble obstination pour dire non Ă  ceux qui voulaient leur imposer l’acquiescement Ă  l’iniquitĂ©. JĂ©sus, surtout, donne part Ă  son Esprit de VĂ©ritĂ© pour que ses disciples vivent ce qu’il leur commande, que leur oui soit oui et que leur non soit non, mĂȘme au prix de leur propre vie. La victoire de la vĂ©ritĂ© a un prix le sang du Christ. La dĂ©faite du mensonge a un nom la croix du Christ. Ne pas mentir est souvent crucifiant. La question n’est pas de savoir si une bonne casuistique permettrait d’encenser l’illicĂ©itĂ© du mensonge en lui tordant le cou en toute circonstance pressante, ni de brandir le doigt menaçant d’un interdit qui transformerait les misĂšres subies en pĂ©chĂ©s de douteuse vĂ©nialitĂ©, mais d’inscrire la crucifixion du Verbe dans l’imprĂ©vu de notre existence humaine. Notes [1] V. JankĂ©lĂ©vitch, TraitĂ© des vertus II, Les vertus et l’amour, vol. 1 Bordas, 1970, Flammarion, 1986, p. 182. [2] E. Kant, MĂ©taphysique des mƓurs, II. Doctrine de la vertu, 9. DeuxiĂšme section Du devoir de l’homme envers lui-mĂȘme considĂ©rĂ© uniquement comme ĂȘtre moral. I. Du mensonge VI, 431 ; ƒuvres philosophiques, t. 3, Paris, Gallimard PlĂ©iade, 1986, p. 718. [3] V. JankĂ©lĂ©vitch, op. cit., p. 276 Le sincĂšre diabolique qui dit le vrai pour nuire, et le dit non pas Ă  son insu ou malgrĂ© lui, comme le menteur peu conscient ou le trompeur trompĂ© qui a raison 
, sans le vouloir, mais le dit exprĂšs, sciemment, pour faire mal ce vĂ©ridique malveillant est moralement un menteur, un menteur qui dit vrai, – car on peut 
 mentir en disant la vĂ©ritĂ© n’arrive-t-il pas que la vĂ©ritĂ© soit une calomnie ? tout comme on peut dire la vĂ©ritĂ© en mentant » ; vera dicunt quando mentiuntur », dit saint Augustin des Priscillanistes ; ou encore Loquuntur mendaciter vera ». [4] V. JankĂ©lĂ©vitch, op. cit., p. 213. [5] Le De Mendacio 395 et le Contra Mendacium 420. [6] Saint Augustin, De Mendacio, III, 3 ƒuvres de saint Augustin, BibliothĂšque augustinienne, vol. 2, Paris, DDB, 1948, p. 243 [AbrĂ©gĂ© en BA 2, 243]. [7] Ibid., V, 9 BA 2, 263. [8] Ibid., VI, 9 BA 2, 267. [9] Ibid., VII, 10 BA 2, 269. [10] Ibid., IX, 13 BA 2, 275. [11] II-II, Q. 110, a. 1, c. [12] II-II, Q. 110, a. 3, c. [13] Ibid., obj. 4. [14] Ibid., ad 4m. [15] CitĂ© dans E. Kant, Sur un prĂ©tendu droit de mentir par humanitĂ©, VIII, 425, in ƒuvres philosophiques, t. 3, Paris, Gallimard coll. BibliothĂšque de la PlĂ©iade », 1986, p. 435. [16] Ibid. [17] E. Kant, op. cit., VIII, 426, p. 436. [18] E. Kant, op. cit., VIII, 427, p. 438. [19] E. Kant, op. cit., VIII, 428, p. 439. [20] E. Kant, op. cit., VIII, 428-429, p. 439. [21] S. Hilarii episcopi Pictaviensis, Tractatus super Psalmos, Corpus Scriptorum Ecclesiastorum Latinorum, vol. 22, 1891, In Ps. XIV, 10, p. 91. [22] A. Schopenhauer, Le fondement de la morale, Paris, Livre de Poche no 4612, 1991, no 17 PremiĂšre vertu la justice, p. 173. [23] Ibid., p. 174. [24] Ibid., p. 176. [25] Ibid., p. 176-177. [26] V. JankĂ©lĂ©vitch, TraitĂ© des vertus, t. 2, vol. 2 Les vertus et l’amour, I, chap. III La sincĂ©ritĂ©, Paris, Flammarion, 1986, coll. Champs Flammarion », p. 249-251. [27] Ibid., p. 272. [28] Ibid., p. 283. [29] A. Comte-Sponville, Petit TraitĂ© des grandes vertus, Paris, puf, 1995, p. 257. [30] Ibid., p. 258. [31] Ibid., p. 261. [32] Ibid., p. 265. [33] Ibid., p. 264. [34] Ibid., p. 266-267. [35] Ibid., p. 267. [36] Ibid., p. 268. [37] Ibid., p. 272. [38] Ibid., p. 271. [39] Ibid., p. 275. [40] Ibid., p. 274. [41] II-II, Q. 110, a. 3, ad 4m. [42] Saint Augustin, Contra mendacium, X, 23 BA 2, 401-403. [43] Ibid. BA 2, 403. [44] Saint Augustin, De mendacio, XIII, 24 BA 2, 299. [45] Ibid. BA 2, 301. [46] E. Kant, MĂ©taphysique des mƓurs, II. Doctrine de la vertu, 9. DeuxiĂšme section Du devoir de l’homme envers lui-mĂȘme considĂ©rĂ© uniquement comme ĂȘtre moral. I. Du mensonge VI, 431 ; ƒuvres philosophiques, t. 3, Paris, Gallimard, coll. BibliothĂšque de la PlĂ©iade », 1986, p. 718. [47] Saint Augustin, De mendacio IX, 15 BA 2, 281-283. [48] Ibid., IX, 16 BA 2, 283. Certes, Augustin a soulignĂ© constamment que, pour aucun bien corporel ou temporel, pour soi comme pour autrui, il n’est possible d’aliĂ©ner le bien spirituel de la fidĂ©litĂ© Ă  la vĂ©ritĂ© ; on pourrait comprendre que, si la comparaison se faisait non plus entre un bien corporel et un bien spirituel mais entre deux biens spirituels, l’argument cĂ©dĂąt en faveur de la prĂ©servation d’un bien spirituel supĂ©rieur. Il ne manque cependant pas d’affirmer par ailleurs que le viol, qui souille la victime corporellement, ne la salit pas moralement puisque sa volontĂ© est contraire Ă  l’acte qui lui est imposĂ©. Quand il prĂ©cise le sens de cet immonde » qui, imposĂ© Ă  autrui, peut justifier mon propre mensonge, il demeure dans le cadre d’une atteinte seulement corporelle si on l’arrose de fumier, si on verse des ordures dans sa bouche, si on les y fait pĂ©nĂ©trer de force, si on le viole Ă  la façon d’une femme, il inspire presque Ă  tous une horreur physique. On l’appelle souillĂ© et immonde » ; ibid., IX, 15 BA 2, 281. [49] J. L. Austin, Quand dire, c’est faire [How to do things with words], Paris, Seuil, 1970, p. 53 2e confĂ©rence. [50] Ibid., p. 63 3e confĂ©rence. [51] I-II, Q. 6, a. 5. ï»żVersets les plus Pertinents ÉphĂ©siens 415 mais que, professant la vĂ©ritĂ© dans la charitĂ©, nous croissions Ă  tous Ă©gards en celui qui est le chef, Christ. Zacharie 816 Voici ce que vous devez faire dites la vĂ©ritĂ© chacun Ă  son prochain; jugez dans vos portes selon la vĂ©ritĂ© et en vue de la paix; ÉphĂ©siens 425 C'est pourquoi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vĂ©ritĂ© Ă  son prochain; car nous sommes membres les uns des autres. Proverbes 1217 Celui qui dit la vĂ©ritĂ© proclame la justice, Et le faux tĂ©moin la tromperie. Psaumes 152 Celui qui marche dans l'intĂ©gritĂ©, qui pratique la justice Et qui dit la vĂ©ritĂ© selon son coeur. Proverbes 87 Car ma bouche proclame la vĂ©ritĂ©, Et mes lĂšvres ont en horreur le mensonge; 2 Corinthiens 217 Car nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs; mais c'est avec sincĂ©ritĂ©, mais c'est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu. 2 Corinthiens 42 Nous rejetons les choses honteuses qui se font en secret, nous n'avons point une conduite astucieuse, et nous n'altĂ©rons point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vĂ©ritĂ©, nous nous recommandons Ă  toute conscience d'homme devant Dieu. Jean 1041 Beaucoup de gens vinrent Ă  lui, et ils disaient Jean n'a fait aucun miracle; mais tout ce que Jean a dit de cet homme Ă©tait vrai. Apocalypse 215 Et celui qui Ă©tait assis sur le trĂŽne dit Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit Écris; car ces paroles sont certaines et vĂ©ritables. Apocalypse 226 Et il me dit Ces paroles sont certaines et vĂ©ritables; et le Seigneur, le Dieu des esprits des prophĂštes, a envoyĂ© son ange pour montrer Ă  ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientĂŽt. - Galates 416 Suis-je devenu votre ennemi en vous disant la vĂ©ritĂ©? Job 333 C'est avec droiture de coeur que je vais parler, C'est la vĂ©ritĂ© pure qu'exprimeront mes lĂšvres Topics on Dire la vĂ©ritĂ© Dire La VĂ©ritĂ© FiabilitĂ© FidĂ©litĂ©, dans les Relations Humaines HonnĂȘtetĂ© Les Esclaves De Dieu Tromperie, Pratique de VĂ©ritĂ© VoilĂ  un proverbe bien connu, qui devrait balayer rapidement les doutes que l’on pourrait naturellement avoir en certaines circonstances 
 Le dire vrai est dangereux ». Pourtant, dire la vĂ©ritĂ© n’est-ce pas ĂȘtre honnĂȘte avec les autres ? Dire la vĂ©ritĂ© plutĂŽt que mentir ; dire la vĂ©ritĂ© plutĂŽt que de paraĂźtre hypocrite ; dire la vĂ©ritĂ© plutĂŽt que choisir son cĂŽtĂ© obscur, la manipulation
 Oh oui, quelle vertu que celle d’ĂȘtre franc et authentique ! Note de l’auteur enfin, 
 note de moi J’arrĂȘte immĂ©diatement les esprits brillants, adeptes des parallĂšles saisissants. Non ! Loin de moi l’idĂ©e d’illustrer dans ce billet d’humeur l’actualitĂ© française dont on nous rabat les oreilles. Mon propos tutoie des hauteurs que la politique ne saurait atteindre 
 DĂ©jĂ  dans la Bible – c’est dire – , le dĂ©calogue semble tout Ă  fait clair Ă  propos de la VĂ©ritĂ© et du mensonge. On nous enseigne depuis si longtemps la nĂ©cessitĂ© de dire la vĂ©ritĂ©, que l’on pourrait croire que le mensonge est l’une des pires inclinations du genre humain. Qui sait, peut-ĂȘtre mĂȘme est-ce son drame absolu. À moins que 
 À moins que toute vĂ©ritĂ© ne soit pas bonne Ă  dire tout simplement parce que le problĂšme est qu’une vĂ©ritĂ© pour l’un n’est peut-ĂȘtre pas celle de l’autre ; parce que ce qui peut paraĂźtre la vĂ©ritĂ© est biaisĂ©e par des filtres et des croyances propres Ă  chacun. Ainsi, il pourrait n’ĂȘtre pas certain que notre vĂ©ritĂ© soit la rĂ©alitĂ©. Et somme toute, le rĂ©el n’est-il pas le pire ennemi de la pensĂ©e humaine ? À chacun son monde pourrait-on alors dire
 Mais trĂȘve de ces considĂ©rations altiĂšres, retour Ă  des rĂ©flexions plus terre Ă  terre – bah mince, voilĂ  maintenant que j’écris des alexandrins ! – pour que les relations sociales soient harmonieuses, il vaut mieux user de tirades judicieuses – et hop, un autre alexandrin ! je vais finir par rendre jaloux mon compĂšre Didier Regard – enfin, vous l’avez sĂ»rement compris, dans bien des cas tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de dire ce que l’on pense peut Ă©viter bien des tracas. Cela s’appelle l’inhibition sociale ». Mais jusqu’oĂč faut-il se retenir ? Jusqu’oĂč faut-il se perdre soi-mĂȘme ? Il faut bien se l’avouer, la frontiĂšre est tĂ©nue. Alors, soyons honnĂȘtes ! Si en de nombreuses circonstances on observe de la retenue, c’est pour des raisons bien prĂ©cises – En se comportant ainsi, certains ne cherchent qu’à avoir la paix. En Ă©vitant l’impolitesse ou l’agressivitĂ©, aucun risque de choquer son interlocuteur et aucune crainte d’ĂȘtre exposĂ© Ă  des retours de flammes ravageurs. À moins, j’y pense tout Ă  coup, qu’il ne s’agisse simplement de gens gentils 
 Si, si, il en existe. – D’autres, dans une dĂ©marche plus ou moins consciente cherchent Ă  conforter l’estime de soi Ă  travers l’approbation des autres. Ah, que ne ferait-on pour trouver un peu de confiance en soi ! – Et puis chez d’autres encore, cette attitude libĂšre une Ă©ventuelle peur de voir compromise la quĂȘte de leur graal et/ou l’appauvrissement de leurs relations amicales
 Encore que, dans ce dernier cas, il faut grandement se mĂ©fier des soirĂ©es arrosĂ©es entre amis. Et oui, comme chacun sait, l’alcool est un dĂ©sinhibeur puissant pour celui qui ne serait entraĂźnĂ© ! Il parait mĂȘme qu’en la matiĂšre, grĂące Ă  ses bulles accĂ©lĂ©ratrices de la circulation de l’alcool dans le sang, le champagne est le meilleur breuvage qui soit. Waouh ! Et bien moi, je dis que la vie est trop courte pour ĂȘtre triste et inhibĂ©e TournĂ©e gĂ©nĂ©rale et champagne pour tout le monde ! Le sujet vous semble trop sĂ©rieux pour picoler ? Pour lire l’article de Fanget FrĂ©dĂ©ric, De l’inhibition sociale Ă  l’anxiĂ©tĂ© sociale », Le Journal des psychologues, 1/2007 n° 244, p. 24-28, Cliquez ici ***** Et toujours, linspiration de Didier Regard PenchĂ© Sur la VĂ©ritĂ© J’ai failli tomber Dans le puits sans fond D’un arbitraire sans leçon D’un souvenir Ă  ma façon L’interrogation ? La mienne, la tienne, c’est la question Surtout pas celles des cons !!! 
 
 DĂ©couvrez la suite et tous les tercets de Didier Regard 
 Et lisez tous ses poĂšmes ***** Entrez dans mon univers en cliquant sur les diffĂ©rents onglets en haut de cette page, et dĂ©couvrirez des nouvelles et des romans, les poĂšmes de Didier Regard, et aussi les chansons de Marie. Aimez, commentez et partagez sans modĂ©ration, et surtout, abonnez-vous pour ne pas rater les prochains billets ! *** Contenu Launayblog sous Copyright dĂ©posĂ© auprĂšs de Peut-on trouver la vĂ©ritĂ© grĂące Ă  la science, la philosophie ou le matĂ©rialisme ? La vĂ©ritĂ© absolue existe-t-elle ? Vous devez connaĂźtre la rĂ©ponse !Lorsque la vie de JĂ©sus-Christ fut menacĂ©e Ă  cause de fausses accusations portĂ©es devant le gouverneur romain Ponce Pilate, Il rĂ©pondit Ă  ce dernier Je suis nĂ© et je suis venu dans le monde pour rendre tĂ©moignage Ă  la vĂ©ritĂ©. Quiconque est de la vĂ©ritĂ© Ă©coute ma voix » Jean 18 37. Pilate mit fin Ă  la discussion en posant une question qui rĂ©sonne encore, deux millĂ©naires plus tard Qu’est-ce que la vĂ©ritĂ© ? » verset 38. Au cours des siĂšcles, les philosophes ont essayĂ© de rĂ©pondre Ă  cette question. De nombreuses religions s’en sont emparĂ©es. Des scientifiques ont commencĂ© Ă  prĂ©tendre ĂȘtre les seuls arbitres de la vĂ©ritĂ©. Mais la question reste en suspens Qu’est-ce que la vĂ©ritĂ© ? » Peu de questions ont cette capacitĂ© Ă  mettre autant au dĂ©fi notre comprĂ©hension du monde, et peu de rĂ©ponses nous promettent autant de rĂ©volutionner notre vie. À bien des Ă©gards, c’est la plus grande des questions ! Comment pouvons-nous vraiment connaĂźtre l’état du monde ? Qu’est-ce que la vĂ©ritĂ© ? Comment pouvons-nous savoir ce qui est vrai – et vivre en consĂ©quence ? À notre Ă©poque de relativisme moral et d’éthique Ă  gĂ©omĂ©trie variable », certains se posent mĂȘme la question de savoir s’il existe des absolus dans le monde. La vĂ©ritĂ© est-elle relative ? N’y a-t-il rien de fondamentalement bon ou mauvais ? À ceux qui proclament que toutes les vĂ©ritĂ©s sont relatives, il serait amusant de leur demander Mais alors, est-ce absolument vrai de dire qu’il n’y a pas de vĂ©ritĂ© absolue ? » Bien entendu, si cette dĂ©claration est vraie, alors elle est fausse – et si elle est fausse, alors elle est vraie ! Le fait de dire que toute vĂ©ritĂ© est relative est un non-sens complet ! Non seulement c’est contradictoire, mais en plus personne n’y croit vraiment – pas mĂȘme ceux qui le disent. En fait, la vĂ©ritĂ© absolue est bien rĂ©elle. Elle est lĂ  ! Mais oĂč pouvons-nous la trouver ? La question de base, Qu’est-ce que la vĂ©ritĂ© ? », ressemble beaucoup Ă  une question philosophique. Aussi, la philosophie humaine peut-elle nous fournir la source de la vĂ©ritĂ© ? Les philosophes connaissent-ils la vĂ©ritĂ© ? L’Histoire regorge d’intellectuels et de penseurs dont les noms nous sont familiers. Lorsque vous prononcez le mot philosophie », vous pensez Ă  des hommes comme Aristote, Platon ou Socrate
 Puis Ă  des grands penseurs occidentaux, comme Thomas d’Aquin ou RenĂ© Descartes – ou orientaux, comme Confucius. D’autres noms, moins connus, ont aussi laissĂ© leur empreinte dans la pensĂ©e philosophique humaine, comme le Perse Avicenne ou les diffĂ©rents ZĂ©non de GrĂšce. Parmi les philosophes modernes, de Kierkegaard Ă  Kant, en passant par Sartre, Heidegger ou Teilhard de Chardin – beaucoup ont cherchĂ© Ă  savoir qui nous sommes, pourquoi nous sommes ici, ce qui est bon ou mauvais, autrement dit Qu’est-ce que la vĂ©ritĂ© ? De tout temps, nous voyons beaucoup de raisonnements logiques et de discussions dans les efforts des philosophes sĂ©culiers ; cela n’est pas mauvais en soi, mais il n’y a pas de vraies rĂ©ponses. Beaucoup de jeunes hommes et de jeunes femmes se lancent dans un cursus philosophique Ă  l’universitĂ©, dans l’espoir de rĂ©soudre les grandes questions de la vie, mais au final ils ne dĂ©couvrent que des discussions et des dĂ©bats entre philosophes, qui semblent uniquement engendrer d’autres discussions et d’autres dĂ©bats ! Un des hommes les plus sages ayant vĂ©cu sur terre, le roi Salomon, a Ă©crit J’ai appliquĂ© mon cƓur Ă  rechercher et Ă  sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux c’est lĂ  une occupation pĂ©nible, Ă  laquelle Dieu soumet les fils de l’homme. J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil ; et voici, tout est vanitĂ© et poursuite du vent » ÉcclĂ©siaste 1 13-14. Les Ă©tudes de philosophie peuvent ĂȘtre bĂ©nĂ©fiques Dieu est logique et la parole de Dieu encourage Ă  penser de façon logique. Mais en l’absence de base fondamentale commune, les dĂ©bats philosophiques de l’humanitĂ© sur la nature de la vĂ©ritĂ© ne produisent rien d’autres que des dĂ©bats supplĂ©mentaires, amenant Ă  leur tour des arguments et ainsi de suite
 sans jamais aboutir sur le type de vĂ©ritĂ© fondamentale dont nous avons besoin pour bĂątir notre vie. Dans notre recherche de la vĂ©ritĂ©, nous devons chercher ailleurs. Les scientifiques connaissent-ils la vĂ©ritĂ© ? De nos jours, beaucoup de gens considĂšrent les sciences naturelles comme le prĂ©tendant le plus sĂ©rieux au titre de dĂ©tenteur de la vĂ©ritĂ©. Il est certain que la science est puissante. Elle nous a permis de dĂ©terminer la composition chimique des Ă©toiles et des nĂ©buleuses, ainsi que les pĂ©riodes orbitales des planĂštes Ă©loignĂ©es de la Terre. Nous avons sondĂ© la dimension infinitĂ©simale du rĂšgne subatomique et identifiĂ© un nombre incroyable de lois rĂ©gissant le monde autour de nous ! Cependant, trop de scientifiques pensent encore que leurs connaissances sur la crĂ©ation impliquent qu’il n’y ait pas de CrĂ©ateur. Imaginez des experts qui connaĂźtraient si bien la Joconde, au point d’en conclure que son peintre, LĂ©onard de Vinci, n’a jamais existĂ© ! De nombreux scientifiques dĂ©clarent Ă©galement que la science est le seul moyen par lequel la vĂ©ritĂ© peut ĂȘtre comprise. Nous voyons cet Ă©tat d’esprit dans le travail de quelques cĂ©lĂšbres scientifiques athĂ©es, comme le gĂ©nĂ©ticien Axel Kahn, le biologiste Richard Dawkins ou le neurobiologiste Sam Harris. Dans son livre The Moral Landscape Le panorama moral, Harris essaie mĂȘme de rĂ©duire la morale absolue en termes scientifiques, en connaissances et en expĂ©rimentations. Mais de tels efforts pour faire de la science la seule source et le juge de la vĂ©ritĂ© sont vouĂ©s Ă  l’échec dĂšs le dĂ©part, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la science est basĂ©e sur des efforts humains, vulnĂ©rables, sujets aux piĂšges de l’orgueil, de l’intrigue et des prĂ©jugĂ©s. Le biologiste Ă©volutionniste Austin Hughes Ă©crivit que la grande confiance accordĂ©e aux panels d’experts et aux comitĂ©s de pairs devrait sembler dĂ©placĂ©e Ă  tous ceux qui ont travaillĂ© dans ces comitĂ©s et qui ont vu l’étendue des idĂ©es prĂ©conçues, des vendettas personnelles et de la propension Ă  torpiller parfois les meilleures propositions » “The Folly of Scientism”, The New Atlantis, automne 2012, page 32. Les thĂ©ories scientifiques ne reposent jamais entiĂšrement sur des faits. Ce sont des interprĂ©tations des faits et, comme toute interprĂ©tation, elles sont toujours sujettes Ă  ĂȘtre influencĂ©es par les hypothĂšses et les points de vue dominants dans le monde. Les scientifiques dĂ©battent souvent de leurs interprĂ©tations avec passion, bien que cela soit rarement montrĂ© dans les Ă©missions tĂ©lĂ©visĂ©es proposĂ©es au public. La pratique de la science repose en rĂ©alitĂ© sur des principes logiques, mathĂ©matiques et sur des hypothĂšses mĂ©taphysiques qui, elles, ne peuvent pas ĂȘtre prouvĂ©es scientifiquement. Le fait mĂȘme que la science devrait ĂȘtre l’arbitre suprĂȘme de la vĂ©ritĂ© ne peut pas ĂȘtre prouvĂ© scientifiquement ! Pour ceux qui y croient, c’est une question de foi mĂ©taphysique et non une vĂ©ritĂ© scientifique ». Concernant la morale, la science est complĂštement impuissante pour dĂ©finir ce qui est bon ou mauvais. Aucune expĂ©rience scientifique ne pourra, par exemple, nous dire si l’Holocauste Ă©tait vraiment mauvais, ou si les meurtres et les viols sont bons ou mauvais. La science nous a apportĂ© une incroyable connaissance sur de nombreux aspects du fonctionnement du monde – mais lorsque nous cherchons Ă  l’utiliser comme la seule vĂ©ritable source » de vĂ©ritĂ©, nous nous rendons compte que c’est une source plutĂŽt mĂ©diocre. Les vĂ©ritĂ©s mathĂ©matiques, les vĂ©ritĂ©s esthĂ©tiques, les vĂ©ritĂ©s sur le but et la signification de nos vies – mĂȘme les vĂ©ritĂ©s morales fondamentales et le concept de base du bien et du mal – aucune de ces vĂ©ritĂ©s n’est visible dans le microscope d’un biologiste ou le tĂ©lescope d’un astronome. Il nous faut donc trouver ailleurs la rĂ©ponse Ă  la question Qu’est-ce que la vĂ©ritĂ© ? » La vĂ©ritĂ© mathĂ©matique ? Dans notre recherche de vĂ©ritĂ©s ultimes – des vĂ©ritĂ©s fondamentales et fiables – pourquoi ne pas regarder du cĂŽtĂ© des mathĂ©matiques ? Les lois abstraites de la science mathĂ©matique vont beaucoup plus loin que les lois de la physique-chimie que nous voyons dans le reste de la science. La vĂ©ritĂ© fondamentale que 1+1=2 ne permet aucune interprĂ©tation », ni aucune influence venant des idĂ©es en vogue dans les milieux universitaires. Les thĂ©orĂšmes et les preuves de la gĂ©omĂ©trie euclidienne, comme les postulats et les principes de l’algĂšbre, ne dĂ©pendent mĂȘme pas de l’univers dans lequel nous vivons. Leurs rĂšgles et leurs applications sont vraies dans n’importe quel univers ! La rigueur absolue des mathĂ©matiques, ainsi que ses preuves et vĂ©ritĂ©s irrĂ©futables lui ont valu le surnom de reine et servante des sciences » par ceux qui Ă©tudient cette matiĂšre. De nombreux mathĂ©maticiens se sont demandĂ© si la portĂ©e finale des mathĂ©matiques pourrait rĂ©soudre une fois pour toutes la question ultime de la vĂ©ritĂ©. Wilhelm Gottfried Leibniz – mathĂ©maticien du 17Ăšme siĂšcle, codĂ©couvreur du calcul infinitĂ©simal avec le cĂ©lĂšbre Isaac Newton – fut un logicien de premier ordre. Il croyait que toute la vie dĂ©coulait d’une logique et que, si l’on pouvait simplement encoder toutes nos pensĂ©es en symboles mathĂ©matiques, nous pourrions dĂ©couvrir les rĂšgles mathĂ©matiques » qui nous conduiraient Ă  la vĂ©ritĂ©. Dans son traitĂ©, L’art de la dĂ©couverte, publiĂ© en 1685, il Ă©crivit La seule façon de rectifier nos raisonnements est de les rendre aussi tangibles que ceux des mathĂ©maticiens, de sorte qu’une erreur puisse se voir d’un coup d’Ɠil. Et lorsqu’il y aura une dispute entre deux personnes, on pourra simplement dire “Ne discutons pas, monsieur, calculons pour voir qui a raison” » Panorama de l’intelligence artificielle, volume 3, Ă©ditions CĂ©paduĂšs, 2012. Leibniz n’était pas le seul Ă  se rĂ©pandre en idĂ©es poĂ©tiques sur la puissance prĂ©sumĂ©e des raisonnements mathĂ©matiques. Ces mĂȘmes motivations ont conduit les cĂ©lĂšbres Alfred North Whitehead et Bertrand Russell Ă  Ă©crire un des ouvrages fondamentaux des mathĂ©matiques logiques, Principia Mathematica. Leur souhait Ă©tait de trouver un fondement logique qui pourrait permettre Ă  l’humanitĂ© de prouver toutes les mathĂ©matiques. Ils sont allĂ©s chercher si loin que dans la premiĂšre Ă©dition, la formule 1+1=2 » n’apparaĂźt pour la premiĂšre fois qu’en page 379 ! Beaucoup ont imaginĂ© un systĂšme de pensĂ©e logique qui pourrait mener Ă  la vĂ©ritĂ©, comme on fait une opĂ©ration arithmĂ©tique, mais cela relevait du fantasme. Dans les annĂ©es 1930, le mathĂ©maticien Kurt Gödel lĂącha l’équivalent d’une bombe nuclĂ©aire. Les dĂ©tails de son travail sont difficiles Ă  comprendre sans de solides connaissances mathĂ©matiques, mais pour rĂ©sumer, Gödel prouva mathĂ©matiquement qu’il Ă©tait impossible de prouver mathĂ©matiquement toutes les vĂ©ritĂ©s ! Il prouva mĂȘme que les vĂ©ritĂ©s purement mathĂ©matiques ne pouvaient pas toutes ĂȘtre prouvĂ©es mathĂ©matiquement. L’idĂ©e d’un ensemble de rĂšgles et de thĂ©orĂšmes pouvant dĂ©bloquer toutes les vĂ©ritĂ©s Ă©tait morte. Pour ceux qui cherchent la source de la vĂ©ritĂ©, les mathĂ©matiques sont une Ă©tape fascinante et passionnante, mais ce n’est pas la fin du cheminement. Dans tous ces efforts, nous avons vu que les hommes les plus brillants et les plus douĂ©s ont essayĂ© de dĂ©finir la vĂ©ritĂ© », mais finalement ils ont tous Ă©chouĂ© lamentablement. Demandez Ă  un philosophe ou Ă  un scientifique quel est le but de la vie, ou la valeur de l’existence, et vous obtiendrez probablement un large Ă©ventail de rĂ©ponses basĂ©es sur un grand nombre de thĂ©ories et de non-sens. DĂšs qu’il s’agit du sens, de la valeur et du but de la vie, ou de l’existence, ainsi que des fondements de la morale, les philosophes sont dans la confusion, les scientifiques se retrouvent les mains vides et les mathĂ©maticiens n’ont rien Ă  proposer. La vĂ©ritĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e ! ConsidĂ©rons une derniĂšre option. Un Dieu aimant – le CrĂ©ateur personnel de l’humanitĂ© – laisserait-Il Sa crĂ©ation dĂ©pourvue d’indications et de principes de base pour comprendre la vĂ©ritĂ© ? Nous aurait-Il créés pour nous abandonner dans des tĂ©nĂšbres sans rĂ©ponse, incapables de dĂ©terminer le vrai du faux et de diffĂ©rencier le bien du mal ? Nous aurait-Il créés pour nous dĂ©laisser, sans le moindre espoir de comprendre la raison pour laquelle nous avons Ă©tĂ© créés ? Si l’humanitĂ© a besoin de savoir ce qui est vrai, mais qu’elle ne peut pas le dĂ©couvrir par elle-mĂȘme, alors un Dieu aimant nous aurait assurĂ©ment laissĂ© des Ă©crits et des indications – des instructions pour connaĂźtre la vĂ©ritĂ©. Dans la rĂ©vĂ©lation du Dieu tout-puissant et Ă©ternel – la Bible, Sa parole – nous trouvons finalement la vĂ©ritĂ©. Voyez ce que la Bible dĂ©clare Ă  propos de sa nature et de son contenu. Pendant la nuit prĂ©cĂ©dant Sa crucifixion, avant d’ĂȘtre trahi et arrĂȘtĂ©, JĂ©sus-Christ pria Son PĂšre dans les cieux en prĂ©sence de Ses disciples. Dans cette priĂšre, Il fit une demande simple et une formidable dĂ©claration Sanctifie-les par ta vĂ©ritĂ© ta parole est la vĂ©ritĂ© » Jean 17 17. La mĂȘme opinion se retrouve dans l’Ancien Testament Tu es proche, ĂŽ Éternel ! et tous tes commandements sont la vĂ©ritĂ© » Psaume 119 151. La vĂ©ritĂ© contenue dans la parole de Dieu, la Bible, n’est pas uniquement lĂ  pour ĂȘtre acceptĂ©e intellectuellement en tant que tĂ©moin, mais pour ĂȘtre mise Ă  l’épreuve ! L’apĂŽtre Paul a Ă©crit Éprouvez toutes choses ; retenez ce qui est bon » 1 Thessaloniciens 5 21, version Ostervald ! MalgrĂ© les nombreuses critiques et la virulence des dĂ©tracteurs, les Écritures ont survĂ©cu Ă  travers les siĂšcles comme une source solide, fiable et concrĂšte de sagesse et de connaissance de la vĂ©ritĂ© ! Elle continue Ă  passer le test des dĂ©couvertes archĂ©ologiques et des Ă©tudes scientifiques. Elle continue Ă  prouver sa vĂ©racitĂ© dans la vie de ceux qui ont le courage de faire ce qu’elle dit ! Bien qu’elle fut attaquĂ©e et dĂ©criĂ©e, gĂ©nĂ©ration aprĂšs gĂ©nĂ©ration, ses opposants sont morts, mais le message de la Bible et la puissance de ses vĂ©ritĂ©s demeurent – en transformant des vies, en Ă©difiant des familles, en guidant ceux qui ont besoin d’ĂȘtre guidĂ©s et en rĂ©pondant aux questions sur le sens et le but de la vie, avec une autoritĂ© et une puissance qu’aucune autre source sur terre n’a jamais pu Ă©galer ! Le rĂŽle de la parole de Dieu comme source de la vĂ©ritĂ© ultime – une vĂ©ritĂ© qui peut uniquement venir du CrĂ©ateur tout-puissant en personne – ne doit pas simplement ĂȘtre acceptĂ© sur la base d’un argument philosophique, d’une expĂ©rimentation scientifique ou d’une preuve mathĂ©matique. Dieu Lui-mĂȘme valide Sa parole dans la vie de ceux qui Lui permettent de travailler en eux pour comprendre Ses vĂ©ritĂ©s et ceux qui s’efforcent de marcher dans la voie qu’Il trace devant nous. Ceux qui veulent se consacrer au Dieu suprĂȘme de la Bible trouveront la rĂ©ponse Ă  la question Qu’est-ce que la vĂ©ritĂ© ? » – mais ils trouveront aussi un Guide et un Compagnon personnel, vivant et aimant, qui les aidera Ă  vivre par cette vĂ©ritĂ© pour l’éternitĂ©. C’est la plus grande vĂ©ritĂ© qu’il soit possible de trouver. Apprenez toute la vĂ©ritĂ©! “JE N’AI jamais vu ce nom dans ma Bible”, dit Francisco. Le nom JĂ©hovah venait d’ĂȘtre prononcĂ© au cours d’une discussion avec un TĂ©moin de JĂ©hovah. En effet, il ne pouvait pas avoir vu le nom de Dieu dans sa Bible, une Ă©dition de 1969 de la version portugaise d’Almeida, car le nom de JĂ©hovah n’y apparaĂźt pas. Ce BrĂ©silien catholique assistait Ă  la messe le dimanche, et prenait plaisir Ă  lire la Bible chez lui. Mais le nom JĂ©hovah l’a intriguĂ©. Qui est Dieu? La semaine suivante, le TĂ©moin lui apporta une autre Ă©dition de la version d’Almeida. Ils comparĂšrent ce que disaient les deux versions en Psaume 8318. Que remarquĂšrent-​ils? Dans l’édition de 1966, le texte se lit ainsi “Toi, Ă  qui seul le nom JÉHOVAH appartient, tu es le TrĂšs-Haut sur la terre!” Tandis que dans celle de 1969, le nom “JÉHOVAH” est remplacĂ© par “SEIGNEUR”. “Vous voyez, dit le TĂ©moin, ils ont changĂ© quelque chose ici.” Puis il demanda “Seigneur’ n’est pas un nom, n’est-​ce pas?” “Non, en effet”, rĂ©pondit Francisco. Quelque peu indignĂ©, il ajouta “Comment ont-​ils pu faire cela?” Cette conversation entraĂźna quelques recherches Ă  propos du nom de JĂ©hovah. Francisco apprit, par exemple, que selon l’EncyclopĂ©die catholique 1910, angl. JĂ©hovah est “le nom propre de Dieu dans l’Ancien Testament”. Il apprit Ă©galement qu’en hĂ©breu, langue dans laquelle la majeure partie de l’“Ancien Testament” fut Ă©crite, ce nom apparaĂźt presque 7 000 fois. Aucun traducteur n’a le droit de changer le nom propre de Dieu contre le titre indĂ©fini de Seigneur. Francisco voulut connaĂźtre la vĂ©ritĂ© sur le nom JĂ©hovah, et il y parvint grĂące Ă  la Bible elle-​mĂȘme et Ă  des recherches bien dirigĂ©es. Quelle est la position de JĂ©sus? Comme nous l’avons vu dans l’article prĂ©cĂ©dent, les religions ont falsifiĂ© de nombreuses vĂ©ritĂ©s. Dans leur ministĂšre de porte en porte, les TĂ©moins de JĂ©hovah ont l’occasion de dĂ©couvrir ce que les gens croient. Bien sĂ»r, ces croyances peuvent varier d’un endroit Ă  l’autre, mais certains concepts se retrouvent un peu partout. Par exemple, quand on leur demande Qui est Dieu?’, de nombreuses personnes rĂ©pondent JĂ©sus.’ Elles veulent dire que JĂ©sus est le Dieu Tout-Puissant. Mais en est-​il bien ainsi? RĂ©flĂ©chissez aux points suivants. JĂ©sus pria son PĂšre en disant “Ceci signifie la vie Ă©ternelle qu’ils apprennent Ă  te connaĂźtre, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyĂ©, JĂ©sus Christ.” Jean 173. Avez-​vous remarquĂ© que JĂ©sus ne dit pas qu’il Ă©tait, lui, “le seul vrai Dieu”, mais plutĂŽt que son PĂšre cĂ©leste l’était? Ainsi, les premiers disciples lui dirent Ă  bon droit “Tu es vraiment le Fils de Dieu.” JĂ©sus lui-​mĂȘme dĂ©clara “Je suis Fils de Dieu.” Par consĂ©quent, la vĂ©ritĂ© concernant JĂ©sus est qu’il n’est pas le Dieu Tout-Puissant, mais le Fils de JĂ©hovah Dieu. — Matthieu 1433; Jean 1036. Quel sera l’avenir de la terre? Quel sera l’avenir de notre gĂ©nĂ©ration et de la terre? John Kennedy, ancien prĂ©sident des États-Unis, a dĂ©clarĂ© dans un discours devant l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies “Nous avons le pouvoir de faire de notre gĂ©nĂ©ration la meilleure de toute l’histoire humaine, ou la derniĂšre.” Les dirigeants actuels semblent partager cette opinion. Dans le cadre de leur ministĂšre, les TĂ©moins de JĂ©hovah entendent souvent dire qu’à la fin du monde la terre sera dĂ©truite par le feu ou par un conflit nuclĂ©aire. Certains fondent leur croyance sur le passage de RĂ©vĂ©lation 211, oĂč nous lisons “J’ai vu un nouveau ciel et une nouvelle terre; car l’ancien ciel et l’ancienne terre avaient disparu, et la mer n’est plus.” La Bible emploie souvent le mot “terre” dans un sens figurĂ© pour parler de l’humanitĂ©. Citons, par exemple, GenĂšse 111 “Toute la terre continuait d’ĂȘtre une seule langue et un seul ensemble de mots.” Voir aussi 1 Rois 21, 2; Psaume 961. “L’ancienne terre” dont il est question en RĂ©vĂ©lation 211 ne dĂ©signe donc pas la planĂšte, mais la sociĂ©tĂ© humaine mĂ©chante qui doit ĂȘtre dĂ©truite. Cette destruction permettra le rĂ©tablissement du Paradis sur la terre Luc 2343; 2 Thessaloniciens 16-9; RĂ©vĂ©lation 214. Cette explication est en accord avec le reste de la Bible qui indique que la terre proprement dite ne sera jamais dĂ©truite. Par exemple, d’aprĂšs Psaume 1045, Dieu “a fondĂ© la terre sur ses lieux fixes; elle ne chancellera pas, pour des temps indĂ©finis, oui, pour toujours”. Voir EcclĂ©siaste 14. Effectivement, JĂ©hovah a formĂ© la terre pour ĂȘtre habitĂ©e’ Ă©ternellement. — ÉsaĂŻe 4518. Pourquoi apprendre toute la vĂ©ritĂ©? Ce ne sont lĂ  que quelques exemples de concepts erronĂ©s trĂšs rĂ©pandus de nos jours. Cependant, lorsqu’une personne est disposĂ©e Ă  raisonner, comme c’était le cas de Francisco, les TĂ©moins de JĂ©hovah sont heureux d’avoir avec elle une discussion qui Ă©claire les vĂ©ritĂ©s bibliques. Le fait de ne pas apprendre toute la vĂ©ritĂ© peut avoir des consĂ©quences regrettables. En voici un exemple Lorsque JĂ©sus Ă©tait sur terre, beaucoup ont cru qu’il n’était que l’un des fils de Marie et de Joseph, un simple charpentier de Nazareth. C’est pourquoi ils ne lui ont pas accordĂ© une grande attention. Ils avaient en partie raison. JĂ©sus Ă©tait le fils de Marie, conçu grĂące Ă  l’esprit saint. Il Ă©tait Ă©galement le fils adoptif de Joseph, et il avait vraiment travaillĂ© comme charpentier Marc 63. Cependant, Ă©tait-​ce toute la vĂ©ritĂ© dans son cas? Non! Il n’était rien de moins que le Messie, et le futur “Roi des rois”! RĂ©vĂ©lation 1714; Luc 132-35; Actes 236. Parce qu’elles n’ont pas appris toute la vĂ©ritĂ© sur JĂ©sus, de nombreuses personnes ont manquĂ© un privilĂšge unique, celui d’entretenir des relations personnelles avec JĂ©sus sur la terre. Cherchez toute la vĂ©ritĂ© La ville de BĂ©rĂ©e appelĂ©e maintenant VĂ©roia dans l’ancienne MacĂ©doine, est bien connue des lecteurs de la Bible en raison de l’attitude louable de ses habitants au Ier siĂšcle. Quelle attitude avaient-​ils? Le rĂ©cit dit “Ils reçurent la parole avec le plus grand empressement, scrutant les Écritures chaque jour pour voir s’il en Ă©tait bien ainsi.” Quel en fut le rĂ©sultat? “Beaucoup d’entre eux devinrent donc croyants, de mĂȘme qu’un assez grand nombre de femmes grecques de bonne rĂ©putation et pas mal d’hommes.” — Actes 1711, 12. L’attitude des prophĂštes de Dieu de l’AntiquitĂ© n’était pas moins mĂ©ritoire. Ils se sont livrĂ©s Ă  “des recherches assidues et Ă  des investigations minutieuses” au sujet du salut qui devait venir par le Messie 1 Pierre 110. Dieu a bĂ©ni leurs efforts. Manifestement, il n’y a pas de raccourci. Pour parvenir Ă  connaĂźtre toute la vĂ©ritĂ© biblique, il faut se livrer Ă  des recherches assidues et Ă  un examen attentif de ce qu’enseigne la Bible. Peut-ĂȘtre vous demandez-​vous Par oĂč dois-​je commencer?’ AprĂšs avoir lu des publications bibliques, une femme qui vit au BrĂ©sil Ă©crivit “Nous [elle et son mari] avons vite compris qu’il nous fallait plus que cette connaissance pour avoir la rĂ©ponse aux nombreuses questions que nous nous posions. ... Veuillez me faire savoir comment je peux me procurer la Bible et d’autres livres qui m’aideront Ă  en savoir davantage sur notre PĂšre cĂ©leste.” Elle Ă©tait sur la bonne voie il faut en effet lire la Bible et des auxiliaires bibliques dignes de foi. Si vous dĂ©sirez vous aussi apprendre toute la vĂ©ritĂ©, ouvrez votre cƓur Ă  JĂ©hovah Dieu et demandez-​lui son aide. Souvenez-​vous de ces paroles encourageantes “Si donc l’un de vous manque de sagesse, qu’il continue Ă  la demander Ă  Dieu, car il donne Ă  tous avec gĂ©nĂ©rositĂ© et sans faire de reproches; et elle lui sera donnĂ©e. Mais qu’il continue Ă  la demander avec foi, sans nullement douter.” — Jacques 15, 6. Des millions de personnes examinent la Bible avec les TĂ©moins de JĂ©hovah; elles font ainsi des investigations minutieuses et des recherches assidues pour trouver la vĂ©ritĂ©. L’acquisition et la mise en application de cette connaissance exacte du vrai Dieu et de JĂ©sus Christ signifient la vie Ă©ternelle Jean 173. Vous pouvez avoir cette perspective merveilleuse si vous cherchez assidĂ»ment et trouvez toute la vĂ©ritĂ©. [Illustrations, page 7] Toute la vĂ©ritĂ© concernant JĂ©sus, c’est qu’il n’était pas seulement charpentier. Il Ă©tait le Messie.

toute vérité n est pas bonne à dire bible